June 21, 2021

Le melon ne tourne plus en rond

Le portail en bois ouvre sur un vaste jardin entouré de grands arbres et agrémenté de guirlandes festives champêtres. La lumière transperce le feuillage pour créer des mosaïques chatoyantes qui se déploient sur une vingtaine de tables vintage au son d’un chœur des Doors. Ce jour-là, un soleil provençal éblouissait les clients du Hangar, à Marennes (Charente-Maritime). Seuls les melons manquent dans les assiettes pour vous faire sentir pleinement en été.

« C’est un produit qui se suffit à lui-même. Personnellement, je préfère accompagner sa fraîcheur de verveine », Adrien Brunet, chef de l’Hôtel Crillon-le-Brave.

Le chef, Antoine Bertrand, commence à les travailler à la mi-juin, « Si ça ne flotte pas trop ! » “ Enfant, il avait de sérieux griefs contre les cucurbitacées, notamment « L’odeur est si puissante qu’elle a tout pourri dans la glacière des parents ». Aujourd’hui, le restaurateur, qui privilégie le circuit court dans ses menus à prix forfaitaires (moins de 20 euros), ne peut plus se passer de cette star de la région. C’est entre le littoral charentais et le Centre-Val de Loire que sont cultivés chaque année environ un tiers des 250 000 tonnes de melons produits en France, le reste poussant dans le Sud, entre l’Aquitaine et la région PACA.

« Ici, les melons sont dans tous les jardins, précise Antoine Bertrand. Ils sont traditionnellement servis avec de la fleur de sel. Je le coupe en cubes que je propose en entrée avec le Pineau des Charentes, servi à part dans un verre à shot pour ne pas noyer la chair. J’ajoute simplement du pain et du beurre salé pour contrebalancer son pouvoir sucré. Si la saison est bonne, je pourrai l’offrir jusqu’à fin septembre. “

Le melon, madeleine de Proust des estivants, a un parfum de vacances. Il est le complice rafraîchissant des pique-niques en famille, du régime que l’on promet de faire durer tout l’été. Et selon une étude commandée par l’Association interprofessionnelle du Melon, il reste l’un des chouchous des Français. « C’est un produit qui s’entretient, il s’achète encore environ 8 kg par foyer et par an., précise Marion Mispouillé, dirigeante de l’association. En revanche, il est très sensible aux intempéries. Nous produisons et mangeons moins quand le temps est mauvais, comme en 2020. »

« C« est constitué à 90 % d’eau »

Marion Mispouillé donne d’autres détails intéressants. Premièrement les Cucumis melo L. (son nom scientifique) n’est pas un fruit, mais un légume de la même famille que la courgette. Ensuite, le melon « charentais » ne correspond pas à une zone de production : “C’est un type commercial, Marion Mispouillé notes. On les trouve en Charente, Aquitaine, Cavaillon. Mais aussi en Espagne et au Maroc, qui sont les deux grands pays d’où nous l’importons. “

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