June 21, 2021

jeunes créateurs dans la tourmente de la pandémie

« Dès l’annonce du confinement général en mars 2020, ce fut la catastrophe. Toutes nos commandes ont été annulées, tous nos projets collaboratifs ont échoué, raconte avec émotion Benjamin Benmoyal. Il n’a fallu que trois jours pour détruire le travail effectué jusqu’à présent. Diplômé de Central Saint Martins à Londres, le créateur venait de présenter sa première collection lors de la Fashion Week de Paris. Ses vêtements conçus à partir de bandes magnétiques issues de cassettes VHS recyclées avaient alors attiré l’attention des acheteurs de la capitale malgré la propagation du virus : les ventes s’étaient encore mieux déroulées qu’espéré. La déception était d’autant plus grande.

« A la maison, tout le monde coupait des morceaux de tissu, mes parents, mes ex-collègues, tous se sont impliqués ! »Meryll Rogge.

« Je ne suis pas sujet à des regrets mais je me suis quand même demandé : si j’avais eu le choix, aurais-je reporté mon lancement ? Un an plus tard, je me dis que c’est peut-être un mal pour un bien, sans croire à la bonté divine. J’ai accroché, j’ai continué à développer de nouvelles collections. Et puis, qu’aurais-je fait autrement ? Les entreprises de mode n’embauchent pas en ce moment… », poursuit celui qui n’a pas jeté l’éponge malgré les difficultés.

Depuis, elle a présenté deux nouvelles collections, lancé son site de vente en ligne et intégré le calendrier officiel de la Fashion Week de Paris. « Le réseau des enseignes multimarques est paralysé jusqu’en 2022. Les grands magasins sont fermés depuis très longtemps et, sans touristes étrangers, les ventes restent en berne. J’ai dû rebondir différemment en créant mon e-shop, même si c’est un casse-tête absolu en terme de logistique ”, précise-t-il.

Il n’est pas le seul à avoir réussi son baptême du feu avant que la pandémie ne fasse rage : la Belge Meryll Rogge, le Français Victor Weinsanto et l’Américain Colin LoCascio ont également été stoppés net. dans leurs traces. « Quinze jours après mon premier défilé, nous étions tous enfermés chez nous. Assez pour me ramener sur Terre ! J’avais peur, incapable d’imaginer la suite ”, dit Victor Weinsanto. Aujourd’hui, la créatrice de 27 ans voit les choses plus sereinement.

Benjamin Benmoyal, à Paris, en 2018.

Son design, à mi-chemin entre l’univers des cabarets et du rétrofuturisme, avec des corsets revisités et des combinaisons stretch parsemées de motifs psychédéliques, a attiré l’attention d’Adrian Joffe, PDG du concept store Dover Street Market, qui lui a offert une place gratuite dans son showroom parisien de Septembre 2020. « J’avais prévu de présenter ma collection dans mon petit appartement, qui a été refait à neuf pour l’occasion, la proposition d’Adrian a été un formidable coup de pouce et cela m’a aussi donné beaucoup de crédibilité. C’est une fleur sacrée qu’il m’a donnée ! “, confie le créateur qui est désormais entouré de son compagnon et de ses parents dans la gestion de sa marque distribuée dans une vingtaine de magasins à travers le monde, notamment à Dover Street Market et Nordstrom.

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