June 22, 2021

« Mon partenaire refuse les préliminaires, que faire ? “

SOS MAÏA

En théorie, la sexualité n’est plus un tabou. En pratique, il y a des questions que l’on n’ose poser à personne… En tout cas, toute personne qui peut nous juger (partenaires, amis) ou nous reconnaître (médecins, psy). Certains aveux sont des bouteilles à la mer, anonymes, qui sont presque des journaux intimes. Certaines questions, en revanche, pourraient concerner des millions de personnes et gagneraient à être discutées collectivement. Depuis des années, la chroniqueuse de « La Matinale » Maïa Mazaurette (qui n’est pas sexothérapeute, rappelons-le !) a reçu des centaines de messages. Elle y répond désormais une fois par mois, dans le cadre de sa chronique du dimanche, avec sa bonne humeur proverbiale – et son obsession très personnelle pour une foule de statistiques.

L’idée que mon partenaire se masturbe quand je ne suis pas là me dérange beaucoup, que dois-je faire ?

Certains couples partagent leurs masturbations, d’autres préfèrent compartimenter. Les deux formules ont leurs avantages. Personne ne nous demande de choisir notre camp : espaces de transparence et jardin secret peuvent parfaitement cohabiter… à condition que nos partenaires évitent toute intrusion excessive. Ce qui nous amène à votre cas, cher lecteur.

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Dans votre e-mail, vous précisez que vous ne concevez aucune réprobation de la masturbation : puisque le plaisir en soi ne vous pose pas de problème, le désagrément vient forcément du plaisir pris. sans toi. Nous sommes ici face à trois possibilités : ce qui vous est insupportable, c’est soit l’autonomie de votre partenaire, soit votre absence en soi, soit la présence d’un élément exogène (les pensées qui traversent l’esprit de votre partenaire, les gestes, sextoys ou supports fantasmatiques qu’il utilise).

Voyez-vous un arsenal de diagnostics se profiler à l’horizon ? Bingo ! Volonté de contrôle et de possession, infantilisation du conjoint, peur de l’abandon, jalousie sans objet… Tout cela est très charmant (quand on est masochiste). Mais une psychiatrisation à outrance nous ferait perdre de vue votre question somme toute très pratique : que faire ? Eh bien, nous pouvons ressentir le trouble sans le laisser dominer ni notre existence ni celle de nos proches. Nous pouvons être plus courageux que nos émotions. Cher lecteur, laissez votre partenaire se masturber. Seul. Autant qu’il veut, comme il veut, en consultant les sites qui l’excitent, en recourant aux fantasmes qui le font jouir. Ce n’est pas seulement la seule solution raisonnable, mais aussi la meilleure – pour lui et pour vous. Si vous ne pouvez pas vous débarrasser de vos angoisses, affrontez-les. Et ne leur donne rien.

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