June 25, 2021

“C’est important de parler d’amour” : Squidji, amoureux du rappeur

L’amour, le rap français ne pense qu’à ça. A tel point que l’un de ses nouveaux talents, Squidji, 22 ans, appelle son premier album l’ocytocine, l’une des hormones qui stimule le plaisir sexuel et génère l’attachement. « C’est important de parler d’amour, c’est quelque chose qui nous entoure, mais les valeurs de notre génération changent, explique le jeune homme de sa voix douce. L’autre jour, je discutais avec une amie et elle me demandait : « Que penses-tu du polyamour ? Être en couple avec une personne et être amoureux d’une autre. “ L’époque de nos parents était plus standardisée : vous vous mariez, vous avez des enfants. Notre génération n’est plus à la mode : « On s’aime, mais on fait ce qu’on veut, on est libre. “

Accompagné du pianiste Sofiane Pamart, il chanter ainsi, sur le titre LOVE, “Je veux de l’amour mais sans toi”. Sa musique au tempo envoûtant et son timbre acidulé rappellent les premiers disques de PartyNextDoor, de Majid Jordan, ce R’n’B canadien qu’il écoutait beaucoup et qui, sous l’égide du rappeur Drake, a contribué à distiller plus d’émotions à l’américaine. rap.

Les parents de Squidji divorcent alors qu’il est encore préadolescent. L’enfant vit entre le 15e arrondissement de Paris, avec sa mère, restauratrice, et Saint-Maur-des-Fossés, dans le Val-de-Marne, avec son père, mécanicien, évangéliste et « Praticien fou », selon le fils. “ J’allais à l’église tous les dimanches, raconte-t-il. Mais, enfant, j’étais un peu rebelle, car en même temps il y avait « Téléfoot ». Comme je m’y suis habitué. Le meilleur moment pour moi était quand les gens chantaient et dansaient. Après, j’y ai pris goût. C’est pourquoi il était important pour moi qu’il y ait une chorale au début et à la fin de mon premier album. “

La tournée du facteur

Sa passion pour la musique vient de là, ainsi que de longs voyages en banlieue parisienne dans la voiture du père, aux sons de la rumba congolaise et de la chanson française. A l’époque, Squidji écoutait déjà du rap, copiait les textes de 50 Cent, mimant sa façon de rapper et d’émouvoir dans les clips. Il achète son premier micro, poste ses premières chansons sur la plateforme de partage SoundCloud et se fait très vite remarquer par Twinsmatic, les DJ de Booba.

L’adolescente n’a pas quitté le lycée pour autant, passe un bac professionnel, mais c’est tout. “Je n’ai pas essayé de faire d’autres études, il explique. J’ai cliqué, je me suis dit que stewart, ce n’était pas ce que je voulais faire. On n’a qu’une vie, autant se lancer dans quelque chose qui fait vibrer. J’ai donc travaillé pour payer mes séances en studio. ”

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Il enchaîne les petits boulots : livreur, régulateur de débit dans le métro, stockiste dans un magasin de bricolage et facteur, son préféré. « Je me suis levé à 6 heures du matin pour être au centre de tri, j’ai bien aimé. J’ai mis mes écouteurs et remis mon courrier au Champ-de-Mars. Je voyais la Tour Eiffel tous les matins en écoutant les sons que j’avais enregistrés la veille. ” D’où le romantisme de son premier album, réalisé par Prinzly, le compagnon de studio de Damso. Squidji n’a pas l’intention d’arrêter là son exploration des thèmes amoureux et réfléchit déjà à son deuxième album. « Je parlerai du polyamour, mais aussi des amours de mes amis lesbiens et gays. Je veux écouter leurs histoires pour m’inspirer. “

l’ocytocine, de Squidji, 1 cd, A + LSO.

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