June 23, 2021

“Un ou deux verres la veille d’une course, c’était les meilleurs somnifères”

Bernard Hinault est une légende du cyclisme français – 250 victoires à son actif, dont cinq Tours de France, le premier en 1978. Le « Blaireau », comme on le surnommait, est aussi un amateur de vin. Le 15 mai, il est revenu sur les traces de ses exploits, en Gironde, où il avait parcouru comme une flèche, bien des années auparavant, les 59 kilomètres d’un contre-la-montre entre Sainte-Foy-la-Grande et Saint Emilion. Cette fois, il est venu sur ses deux pieds à Bordeaux pour être intronisé pair de la jurade de Saint-Emilion, l’une des plus anciennes confréries viticoles de France.

Après une carrière sportive qui s’étend de 1975 à 1986, Bernard Hinault a tenu pendant vingt ans, avec son épouse, une ferme d’élevage en Bretagne, à Calorguen (Côtes-d’Armor). A 66 ans, en pleine forme, l’ancien cycliste continue de s’occuper des relations publiques du Tour de France, dont le 108e édition devrait démarrer le 26 juin de Brest, sur ses terres bretonnes. Cette activité lui laisse le temps de découvrir la géographie française de manière plus décontractée, notamment grâce aux vins qu’il affectionne.

Comment vous êtes-vous retrouvé pair de Saint-Emilion ?

Saint-Emilion, si la pandémie nous laisse tranquille, sera l’arrivée de la vingtième étape du Tour de France cette année. Il aura lieu le 17 juillet. Un contre-la-montre rapide de 31 kilomètres au départ de Libourne. C’est en repérant le parcours que j’ai fait la connaissance de quelques personnages de la ville. Durant le week-end de mon intronisation, j’ai pu visiter avec mon épouse quelques châteaux de l’appellation Saint-Emilion que je ne connaissais pas, comme Angélus, La Clide, Grand Corbin-Despagne et Pavie.

Lire aussi Tour de France 2021 : une double ascension du Mont Ventoux et deux contre-la-montre au programme

Grâce au Tour de France, j’ai eu la chance de découvrir toute la géographie du pays, en tant que coureur, puis adepte. Mais quand j’étais coureur, j’allais trop vite, et j’avais d’autres précautions à prendre pour en apprécier les richesses ! Depuis ma retraite de cycliste, j’ai été intronisé par quelques confréries viticoles. J’aime leurs costumes colorés. Ça change du maillot jaune, mon préféré ! Et puis, c’est toujours une émotion de recevoir un diplôme, une consécration, dans un environnement qui n’est pas le mien.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué lors de votre intégration ?

Rencontrer des gens amoureux de leur travail, et qui savent en parler, c’est super. Les vignerons sont des gens à part entière, comme moi. Ils sont totalement impliqués dans leurs vignes. Et puis j’ai découvert qu’ils s’entendaient bien. Comme à vélo, on sent une fraternité. J’ai aussi apprécié l’accueil des nouvelles générations. Nous avons visité le Château La Clide, à Saint-Emilion, repris par un jeune homme. Je sentais qu’il était soutenu par les plus âgés.

Vous avez 73,53% de cet article à lire. Le reste est réservé aux abonnés.

look these up