June 22, 2021

Tout et tout, pour le sexe aussi ?

LE SEXE SELON MAÏA

Couvre-feu à 21h et bientôt 23h, températures clémentes… Besoin de rattraper le temps perdu après une année sexuelle marquée par le tout-domestique, camarades ? On dirait que les signaux sont au vert pour déconfiner sa sexualité. Pourquoi pas en l’extirpant du cocon du foyer ? Bienvenue dans le monde du sexe en extérieur – partout (ou presque)… mais pas n’importe comment.

Commençons par les motivations : prendre l’air bien sûr, mais aussi prendre des risques ! Les amoureux peuvent choisir d’avoir des rapports sexuels improvisés, apporter de la variété à leur relation, tester un fantasme ou simplement vivre une expérience intense. Les plus hédonistes citeront la caresse de l’eau, du vent ou des étoiles sur leur peau. Les plus téméraires glisseront la possibilité d’un autre type de caresse… celle des participantes impromptues.

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Un rappel à la loi s’impose dès cette étape : selon l’article 222-32 du code pénal, « L’exhibition sexuelle imposée au regard d’autrui dans un lieu accessible aux yeux du public est punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende ». N’oublions jamais que 28% des femmes ont déjà affronté un exhibitionniste (IFOP, avril 2018) : « déconfiner » son pénis est une chose, l’imposer au regard de quelqu’un qui n’a rien demandé, c’en est clairement une autre !

Cette chronique s’en tiendra donc à une version bien innocente du sexe en extérieur… Sans renier les charmes de l’interdit. Selon un sondage IFOP de 2013, 28% des Français trouvent excitante l’idée d’être surpris en faisant l’amour. Et à peu près la même proportion d’entre eux veulent regarder ! Apparemment, voyeurs et exhibitionnistes se rencontrent souvent : 16% des Français ont déjà été surpris en plein câlins.

Se donner à voir

Ces pratiques sont relativement courantes. On peut en parler publiquement, on peut en rire avec nos amis. Cette bienveillance contraste avec un discours « officiel » figé, droit dans ses bottes. Faire l’amour en plein air serait un acte irresponsable, qui mettrait en danger les bonnes mœurs (cela se discute) et les enfants (cela ne se discute pas). Ces pratiques démontreraient également notre horrible auto-satisfaction.

Or, lorsque les penseurs contemporains (l’historien américain Christopher Lasch, le psychiatre et psychanalyste Marie-France Hirigoyen, l’essayiste Gilles Lipovetsky) nous parlent de narcissisme, c’est généralement pour annoncer la fin du monde (je résume : « l’Occident est se désintégrer dans un nombrilisme qui décérébrera les foules et détruira notre civilisation »).

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