L’heure de vérité pour Boris Johnson, qui se veut « exemplaire » sur le climat

Mi-octobre, Boris Johnson a passé quelques jours de vacances, avec femme et enfant, dans une villa de luxe prêtée par un ami conservateur à Marbella, dans le sud de l’Espagne. Les tabloïds se sont délectés d’une photo volée, où l’on distingue le premier ministre britannique sur une terrasse, à l’ombre, pinceau à la main face à un chevalet. Le dirigeant n’a-t-il rien de mieux à faire, à moins de trois semaines de l’ouverture de la COP26 à Glasgow, dont son gouvernement est l’hôte, que de peindre des toiles ?, se sont interrogés les médias et l’opposition travailliste.

Le premier ministre « est souvent au téléphone, il a encore discuté avec le président indien Modi [le 11 octobre, depuis Marbella] », a tenté de convaincre Allegra Stratton, la porte-parole COP26 de M. Johnson, lors d’une conférence organisée par le think tank Institute for Government, au même moment. « Il explique aux autres dirigeants comment on peut parvenir à décarboner nos économies en soulignant l’exemple du Royaume-Uni. Le rôle du gouvernement lors de ce sommet est d’animer les négociations et d’encourager les ambitions climatiques des autres pays », a ajouté l’ex-journaliste. L’apparente nonchalance avec laquelle Boris Johnson aborde le sommet de Glasgow, considéré comme une des dernières chances pour tenir l’objectif d’un réchauffement climatique limité à 1,5 °C, suscite en tout cas la critique.

« C’est vraiment irritant », a confié la reine Elizabeth II à des responsables gallois, tous ces dirigeants qui « parlent plutôt qu’ils ne font »

Son gouvernement a récemment semblé bien plus occupé à rouvrir le front du Brexit avec Bruxelles (il veut renégocier le protocole nord-irlandais) qu’à convaincre les dirigeants de la planète d’augmenter leurs objectifs de réduction d’émissions de CO2 ou leur contribution financière à la transition dans les pays en développement. M. Johnson a certes trouvé un slogan efficace (« Coal, cars, cash and trees ») qu’il répète en boucle – il explique qu’il faut accélérer la sortie du charbon, passer plus vite aux véhicules électriques, donner plus d’argent pour la transition et planter des millions d’arbres. Mais les médias ont surtout retenu sa blague sur Kermit la grenouille, lors de son discours aux Nations unies fin septembre (« Kermit avait tort de dire que c’est dur d’être vert, c’est facile d’être vert ! »).

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Ils ont préféré insister sur les engagements proclimat de la famille royale, notamment le lancement par le prince William du Earthshot Prize, un prix récompensant des solutions pour lutter contre le réchauffement. Ou sur les propos de la reine Elizabeth II, captés à la volée par une caméra de télévision, en marge d’une réception au Parlement gallois, le 14 octobre : « C’est vraiment irritant », confiait la souveraine à des responsables gallois, tous ces dirigeants qui « parlent plutôt qu’ils ne font ».

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