L’extrême droite, principale force antivax en Autriche

Face au Covid-19, le leader du Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ, extrême droite) a un « plan B ». Présenté à la presse début novembre et déjà visionné près de 200 000 fois sur YouTube, celui-ci propose de tout faire pour éviter la vaccination que Herbert Kickl, 53 ans, refuse catégoriquement pour lui-même et déconseille fortement aux Autrichiens, pourtant contraints de se reconfiner depuis lundi 22 novembre, face au déferlement de la quatrième vague.

Dans ce « plan B », le plus visible des antivax autrichiens recommande « un traitement anticipé » des malades à leur domicile avec de la « vitamine D » et un médicament comme l’« ivermectine », un antiparasitaire prisé, ces derniers mois, par les complotistes du monde entier, en dépit de l’absence de preuves scientifiques de son efficacité contre le virus. Les propositions du chef de l’extrême droite autrichienne ont beau avoir été fustigées par le fabricant de l’ivermectine, les experts et le reste de la classe politique, les pharmaciens ont fait état, ces derniers jours, d’une ruée sur le médicament et plusieurs cas de patients ayant pris de l’ivermectine ont été signalés dans les hôpitaux autrichiens.

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Pour autant, M. Kickl n’a rien changé à son message. Au contraire, samedi 20 novembre, le FPÖ – allié du Rassemblement national de Marine Le Pen au Parlement européen – a organisé une manifestation réunissant près de 40 000 personnes dans les rues de Vienne pour s’opposer à l’obligation vaccinale générale. Annoncée la veille par le gouvernement écolo-conservateur autrichien et soutenue par la gauche, cette première européenne devrait s’appliquer à partir de février 2022. « A partir d’aujourd’hui, l’Autriche est une dictature », avait immédiatement dit celui qui fut ministre de l’intérieur entre 2017 et 2019, lorsque le FPÖ gouvernait en coalition avec les conservateurs.

Cortège contre la « corona-dictature »

Même si le cortège « contre la corona-dictature » ne regroupait pas seulement des militants d’extrême droite, il était mené par un petit groupe d’identitaires brandissant une banderole dénonçant un « grand remplacement ». Le plus célèbre des néonazis autrichiens, le multicondamné pour négationnisme Gottfried Küssel, y a aussi été aperçu. En revanche, M. Kickl n’a pas pu se rendre à la manifestation en raison… de sa contamination au Covid-19, survenue quelques jours plus tôt.

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Les provocations du FPÖ pourraient sembler marginales, mais il existe peu de pays en Europe de l’Ouest où un parti qui a basculé dans la mouvance antivax la plus radicale rencontre une telle audience. Sur les 8,9 millions d’Autrichiens, 65 % sont entièrement vaccinés – contre 70 % en France. Si de nombreux manifestants rencontrés dans le cortège se distanciaient de l’extrême droite pour se définir comme « apolitiques », ils reprenaient ainsi souvent mot pour mot le « plan B » de M. Kickl.

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