Le premier ministre irakien échappe à un attentat

Un bandage au bras gauche et les traits tirés, le premier ministre irakien, Mustafa Al-Kadhimi, a lancé un appel au calme et à la retenue dans une vidéo diffusée sur Twitter, dans la nuit du samedi 6 au dimanche 7 novembre, après une tentative d’assassinat dont il est sorti indemne. « Les lâches attaques de roquettes et de drones ne construisent ni des patries ni un avenir », a-t-il dénoncé. Peu de temps auparavant, un drone piégé avait explosé au sein de sa résidence, dans la « zone verte » de Bagdad, le quartier ultraprotégé de la capitale irakienne qui accueille les institutions publiques et les ambassades, faisant plusieurs blessés dans sa garde rapprochée. Deux autres drones ont été abattus, ont fait savoir des sources sécuritaires.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés En Irak, les milices chiites pro-Iran tentent de surmonter leur revers électoral

La tentative d’assassinat a suscité une vague de condamnations dans le pays et à l’étranger. De nombreux partenaires de l’Irak ont dénoncé une « attaque terroriste », à l’instar du président américain, Joe Biden. « Je suis soulagé que le premier ministre n’ait pas été blessé et salue le leadership dont il a fait preuve en appelant au calme, à la retenue et au dialogue pour protéger les institutions de l’Etat et renforcer la démocratie que les Irakiens méritent tant », a-t-il déclaré, promettant une assistance aux autorités irakiennes dans le cadre de leur enquête. Par la voix du Quai d’Orsay, la France a rejeté « toute forme de déstabilisation du pays, de violence et d’intimidation », tandis que les pays de la région ont unanimement condamné l’opération, y compris l’Iran, qui a appelé à la « vigilance pour déjouer les complots visant la sécurité » en Irak, dans une allusion aux Etats-Unis, leur grand rival.

« On ne peut accepter que l’Irak soit plongé dans le chaos et qu’un coup soit mené contre l’ordre constitutionnel », a pour sa part déclaré dans un tweet le président irakien, Barham Saleh. Si l’attaque n’a pas été revendiquée, les soupçons se portent sur les factions armées chiites liées à l’Iran, qui contestent le résultat des élections législatives du 10 octobre, au cours desquelles leurs représentants politiques ont subi un sérieux revers. « Nous les connaissons et nous dévoilerons leur identité », a promis le premier ministre, dimanche soir.

Tractations politiques

Ces factions ont, depuis un an, systématisé l’usage des drones armés dans leurs attaques contre les intérêts américains en Irak. Certaines d’entre elles cultivent une vive défiance envers Mustafa Al-Kadhimi, jugé trop proche des Etats-Unis, depuis qu’il a accédé au pouvoir en mai 2020. Plusieurs tentatives du premier ministre de poursuivre les auteurs d’attaques anti-américaines ou d’assassinats contre des manifestants, dans le sillage du mouvement de contestation antipouvoir d’octobre 2019, se sont heurtées aux démonstrations de force des milices chiites.

Il vous reste 57.75% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

We want to thank the author of this write-up for this amazing content

Le premier ministre irakien échappe à un attentat

Decode The News Podcast