July 24, 2021

L’Institut de France dans une “impasse de financement”, prévient la Cour des comptes

C’est un cri d’alarme. Selon un rapport de la Cour des comptes, publié jeudi 15 juillet, l’Institut de France, qui abrite l’Académie française et quatre autres Académies (sciences, beaux-arts, etc.), est confronté à un “Impasse du financement” et risque de ne pas réussir, dans les années à venir, à investir les sommes nécessaires à l’entretien et à la rénovation des nombreux musées et monuments qu’elle possède, notamment le Palais Conti et sa célèbre coupole, où sont logées les Académies, à Paris.

Créé en 1795 pour « perfectionner les arts et les sciences », l’Institut de France est, depuis 2006, sous un régime distinct, celui de « personne morale de droit public à statut particulier ». Comprenez : l’institution, dirigée depuis 2018 par Xavier Darcos, n’appartient pas à l’État, même si elle est placée sous la protection du président de la République, mais n’est pas non plus régie par le droit privé. De plus, les Académies ont chacune leur propre autonomie en termes de fonctionnement et de financement. Une organisation « Confus et daté » qui « N’est pas efficace en termes de gestion », a noté la Cour.

Selon les magistrats, l’Institut et les cinq Académies ont ainsi « Abandonné depuis plusieurs décennies » partie des dix-huit sites ouverts au public qu’ils détiennent. Si le musée Marmottan-Monet (à Paris) ou la maison et les jardins de Giverny (Eure) sont « Entretenu et exploité de manière exemplaire », la Villa Ephrussi de Rothschild (dans les Alpes-Maritimes), qui a accueilli plus de 180 000 visiteurs en 2019, oblige « Une réponse d’urgence ». La Cour est particulièrement préoccupée par le risque d’effondrement d’un étage et d’une terrasse. De même, le Domaine de Chaalis (dans l’Oise) et le Musée Jacquemart-André (à Paris) « Présentent de nombreuses lacunes dans leur gestion ».

Palais Conti, Château de Chantilly …

« De nombreux chantiers souffrent d’un manque de travail depuis plusieurs décennies et doivent aujourd’hui faire face à la charge financière considérable du gros œuvre, rendue indispensable par un contrôle insuffisant », insistent les magistrats, qui estiment à 63 millions d’euros le montant total des travaux à réaliser d’ici 2024, principalement au Palais Conti (25,4 millions d’euros), au château de Chantilly (17,6 millions) et au domaine de Chaalis (12 millions ). UNE « Mur des investissements » au-delà des moyens de l’Institut et des Académies, craint la Cour, qui estime entre 48 millions et 54 millions d’euros les besoins de financement sur la période 2020-2024.

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