July 24, 2021

L’agriculture biologique continue de générer des vocations

Les feux de l’agriculture biologique restent au vert. En 2020, en pleine pandémie de Covid-19, le seuil des 50 000 exploitations bio a été largement franchi pour atteindre 53 483. Soit une augmentation de 13 % du nombre d’abonnés en un an, selon les chiffres publiés vendredi 9 juillet par l’Agence bio (Agence française de développement et de promotion de l’agriculture biologique). Elles représentent désormais 12 % du total des exploitations françaises.

Plus précisément, l’Agence Bio recense 7 800 nouvelles exploitations agricoles ayant reçu le label à la feuille blanche sur fond vert des mains des organismes certificateurs en 2020. Dans le même temps, 1 800 exploitations biologiques ont jeté l’éponge. Qu’ils aient choisi de revenir à l’agriculture conventionnelle ou que l’agriculteur ait décidé purement et simplement de cesser son activité. Soit un solde net de 6.000. Et le taux de conversion ne semble montrer aucun signe de faiblesse. Sur les cinq premiers mois de 2021, le nombre de nouveaux engagements bio a dépassé 4 640.

Risques forts

« Nous sommes plutôt satisfaits. Il y avait un peu de musique, évoquant la vague de froid sur le bio, mais on ne le voit pas dans les chiffres », réagit Laure Verdeau, directrice de l’Agence Bio. ” En outre, elle souligne, nous continuons à bien marcher sur nos deux jambes. Nous maintenons l’équilibre entre la production et la consommation. “ En effet, les achats totaux des ménages d’aliments biologiques à domicile et au restaurant ont atteint 13,2 milliards d’euros en 2020, soit une augmentation de 10,4%.

Un chiffre global qui cache de forts aléas, pourtant crise du coronavirus oblige. La fermeture des restaurants et des cantines, le recours au télétravail ont profondément bousculé les habitudes des Français. Sans surprise, le chiffre de la consommation bio dans les restaurants a plongé de 21% à 505 millions d’euros. A l’inverse, les achats en supermarchés, magasins de proximité ou directement à la ferme ont augmenté de 12,2 % pour un montant total de 12,67 milliards d’euros. A noter que, dans ce contexte de pandémie, les ventes ont été légèrement moins favorables aux supermarchés, même s’ils réclament encore plus de la moitié du gâteau.

Si les vins tirent les exportations, ils ne suffisent pas à équilibrer la balance commerciale biologique, négative à près de 2 milliards d’euros

Si le taux de croissance de la production biologique est en phase avec celui de la consommation, la part des importations reste logiquement quasi stable à 33,5%. Mais il croît en valeur pour atteindre 2,85 milliards d’euros. « Les produits exotiques, les fruits, le thé, le café, le chocolat… représentent 13 % du total. Le reste est composé de fruits, légumes, céréales, issus des filières françaises encore déficitaires », explique Philippe Henry, président de l’Agence Bio, agriculteur en Meurthe-et-Moselle. Si les vins tirent les exportations, ils ne suffisent pas à équilibrer la balance commerciale biologique, négative à près de 2 milliards d’euros.

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