July 25, 2021

Une seule application peut-elle suffire à désengorger les entrées de ville ?

Le trafic reprendra rapidement ses droits. Dès que les restrictions sanitaires ont été allégées, les entrées des aires métropolitaines ont de nouveau été saturées dès le petit matin. A Bordeaux, Paris, Marseille, Lyon comme à Grenoble, Montpellier ou Nantes, les collectivités locales se retrouvent une nouvelle fois confrontées au casse-tête des embouteillages. Cependant, l’espace ouvert aux voitures durant les années trente glorieuses se referme progressivement. Soucieuses de réduire la progression des embouteillages mais aussi de la pollution, les villes tentent de modérer la circulation automobile. Développement des transports en commun, limitation de la vitesse autorisée, réduction des voies de circulation au profit de modes de déplacements plus écologiques sont autant de solutions mises en place.

Ces mesures peuvent conduire à une réduction du trafic, mais pas nécessairement – ​​loin de là – des embouteillages, car il y a toujours autant de voitures sur les voies qui leur sont attribuées. « Il y a toujours des appels d’air, certains se disant : je vais reprendre ma voiture », note Laurent Chevereau du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema).

Et si la solution venait d’une application MaaS ? Ce nouvel acronyme (pour Mobility as a Service) est sur toutes les lèvres dans le monde des transports. Objectif : agréger toutes les offres de mobilité existantes sur un territoire, publiques et privées, et les mettre à disposition des habitants, afin de faciliter leurs déplacements et les inciter à utiliser d’autres modes que la voiture particulière.

Une offre robuste, qualitative et diversifiée

« Le MaaS est clairement un moyen de rendre claire l’offre d’alternatives, qui est aujourd’hui partagée entre différents opérateurs et constitue un labyrinthe pour l’utilisateur, souligne Laura Papet, directrice associée de PMP Conseil, qui accompagne les collectivités dans le développement du MaaS. Dès qu’elle offre une information fiable en temps réel et garantit un temps de trajet long, une application MaaS peut lever une partie des freins au report modal vers les transports en commun et les solutions de mobilité partagée. ” Il faut aussi, précise-t-elle, qu’il y ait une offre robuste sur le territoire.

« Un bon MaaS ne remplacera jamais un mauvais système de transport », explique Yannick Tondut

Fin 2018, la métropole Aix-Marseille-Provence, qui finalise aujourd’hui son projet MaaS, a renforcé le service de navettes entre les deux villes. Fonctionnant en partie sur une voie propre, il propose le wi-fi et une fréquence de cinq minutes aux heures de pointe et de dix minutes aux heures creuses. « Un bon MaaS ne remplacera jamais un mauvais système de transport. Tout d’abord, il doit y avoir une offre de qualité et diversifiée », abonde Yannick Tondut, qui a longuement travaillé sur le prochain projet MaaS Aix-Marseille-Provence, avant de rejoindre la ville de Marseille en avril.

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