July 25, 2021

une enquête ouverte après des “mouvements de fonds suspects”

Une enquête pour « abus de biens sociaux » a été ouverte dans le cadre de la liquidation judiciaire de la fonderie automobile MBF Aluminium, en raison notamment de « Mouvements de fonds suspects », a annoncé, jeudi 24 juin, le procureur de la République de Lons-le-Saunier, Lionel Pascal.

« Au cours de la procédure devant le tribunal de commerce, il a été signalé des mouvements suspects de fonds de la société MBF vers d’autres entités économiques ainsi que des rémunérations non proportionnées aux résultats de la société et bénéficiant au dirigeant ou à ses proches », a déclaré Pascal dans un communiqué. Le journal Le progrès, qui a révélé l’affaire, évoque la somme de 10 millions d’euros puisée dans les caisses de MBF.

Le parquet de Lons-le-Saunier a ouvert cette enquête en avril, a précisé le parquet. « Nous sommes au niveau des audits. “ En ce qui concerne les mouvements de fonds suspects, il est particulièrement important de voir “D’où viennent-ils, où ils vont et s’ils ont une raison d’aller”, il ajouta. Sinon, « L’une des parties à la procédure a signalé des niveaux de rémunération du dirigeant et de ses proches non proportionnés aux résultats de l’entreprise, nous vérifions également », il a continué.

Créée au lendemain de la guerre, la fonderie MBF Aluminium, qui fabrique des carters de moteurs et des pièces de boîtes de vitesses, avait été placée en redressement judiciaire début novembre, faute de pouvoir rembourser ses dettes. Le tribunal de commerce de Dijon a prononcé mardi la liquidation de cette entreprise jurassienne qui employait 270 salariés.

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“Nous ne savions pas où allait l’argent”

Sa direction, représentant les actionnaires – le britannique CMV et un entrepreneur italien – avait été démis de ses fonctions par le tribunal de commerce lors de la réorganisation, avec désignation d’un administrateur judiciaire.

“Les fonds sont allés sous forme de services dans une société holding basée en Angleterre”, a déclaré Nail Yalcin, délégué de la Confédération générale du travail (CGT). « Nous ne savions pas où allait l’argent. Des choses ont été faites, mais on ne sait pas si c’est légal ou illégal », ajoute-t-il, précisant que« Il y a déjà eu plusieurs audits réalisés par des cabinets mandatés par le gouvernement ».

M. Yalcin a annoncé que les salariés avaient l’intention de faire appel de la décision de liquider l’entreprise. “Nous allons contester la décision de mardi devant la cour d’appel de Dijon et, en parallèle, nous travaillons sur un projet de reprise de la fonderie par les salariés”, a-t-il déclaré. Ils ont jusqu’au 4 juillet pour faire appel.

Mardi, le tribunal n’a pas retenu la seule offre de reprise, portée par l’entrepreneur français Michaël Azoulay, qui prévoyait la reprise d’un peu plus de 200 salariés. Les syndicats ont dénoncé la “Passivité” Renault et PSA (Stellantis), qui étaient les plus gros clients de MBF, et l’Etat, dont ils espéraient une aide au sauvetage de plusieurs millions d’euros.

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Le monde avec l’AFP

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