June 21, 2021

Tourisme spatial sur la rampe de lancement

Quatre millions de dollars, soit 3,3 millions d’euros, pour dix minutes de vol et quatre minutes en apesanteur. C’est le moment d’être le premier touriste à embarquer dans la fusée de Jeff Bezos, qui décollera mardi 20 juillet. Le prix est déjà vingt fois plus élevé que les 200 000 dollars facturés pour ces futurs voyages. Et ce n’est pas fini, puisque ce montant, résultat d’une première enchère, n’est qu’indicatif. La vente aux enchères finale aura lieu en ligne, le samedi 12 juin.

L’élu chanceux – et surtout chanceux – repartira avec le lanceur réutilisable New Shepard. Ayant atteint une hauteur de 75 kilomètres, la capsule s’en détachera pour poursuivre sa trajectoire et franchir la ligne Karman, qui marque l’entrée symbolique dans l’espace, à 100 kilomètres de la Terre. L’apprenti astronaute sera alors en apesanteur et observera pendant une poignée de minutes la courbure de la planète et du ciel noir, avant que le vaisseau spatial ne descende en chute libre, ralenti par trois parachutes géants et atterrisse dans le désert texan.

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Ainsi, Blue Origin, la société créée par le fondateur d’Amazon au début des années 2000, sera la première à proposer un vol suborbital. M. Bezos aura quelques mois d’avance sur Richard Branson, le patron de Virgin Galactic, qui est un pionnier dans ce domaine, mais qui teste toujours son SpaceShip 2. Le lancement a été annoncé pour 2008 ; elle aura lieu en 2022, car le développement de sa fusée, larguée en altitude par un avion spécial, est très complexe.

« Diversité des propositions »

Pour témoigner de la confiance qu’il porte à son projet, Jeff Bezos sera l’un des trois passagers avec son frère Mark, une réponse à Richard Branson, qui a toujours dit vouloir repartir avec sa famille dès les premiers vols. Il faudra alors combler le vide en termes de clientèle avec Virgin, qui, en quatorze ans, a vendu pas moins de 600 billets, le plus souvent à des stars et des milliardaires.

Le fondateur de SpaceX, Elon Musk, préfère les voyages de longue durée et plus éloignés aux sauts de puces qui sont des vols suborbitaux.

« Ces passagers ne seront pas les premiers touristes, rappelle Jean-Jacques Dordain, ancien directeur général de l’Agence spatiale européenne, puisque, entre 2001 et 2009, l’agence russe Roscosmos a rentabilisé ses vols Soyouz vers la Station spatiale internationale [ISS], situé à 400 kilomètres de la Terre, en vendant le troisième siège du navire. Le nouveau venu y resta huit jours, pendant que l’équipage changeait. ” Sept personnes n’ont pas hésité à débourser entre 30 millions et 40 millions de dollars. “C’était un épiphénomène par rapport à ce qui se prépare”, il ajoute. « La demande était là, mais pas l’offre. ” Une étude menée à l’époque estimée « A 50 000 le nombre de personnes par an prêtes à payer 200 000 dollars pour un vol spatial », raconte Christophe Bonnal, expert au département lanceurs du Centre national d’études spatiales. « La tendance doit être sensiblement similaire aujourd’hui, mais ce qui change, c’est la diversité des propositions. “

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