June 21, 2021

Malgré les dissensions internes, la BCE maintient son soutien monétaire

La Banque centrale européenne a choisi de reporter les décisions difficiles à la rentrée. Lors de la réunion de son conseil des gouverneurs jeudi 10 juin, il a décidé de maintenir l’infusion monétaire en place depuis le début de la pandémie au même niveau. Les dissensions internes – certains gouverneurs appelant à une réduction du rythme de soutien à l’économie – n’ont pas été écoutées.

Christine Lagarde, la présidente de la BCE, a résumé son attitude par une expression : « main ferme » (littéralement, « main ferme »). Une façon de dire que la banque centrale poursuit son travail d’aide à l’économie. Pour permettre aux États de se financer pendant cette période de « coûte que coûte », elle a lancé depuis mars 2020 un programme d’urgence face à la pandémie (PEPP), destiné à acheter indirectement les dettes des pays de la zone euro. Celui-ci dispose d’une enveloppe totale de 1 850 milliards d’euros, dont 1 100 milliards ont été dépensés.

L’impression que “des choses se passent en coulisses”

Avec la reprise économique qui se profile, le débat porte désormais sur le retrait progressif de ce soutien. En mars, voyant les taux d’intérêt commencer à monter, l’institution de Francfort a annoncé qu’elle allait acheter de la dette à un rythme plus rapide. “Significativement plus élevés”d’environ 17 milliards d’euros à 20 milliards d’euros par semaine. Ce jeudi, elle a repris cette petite phrase, annonçant garder un rythme “Significativement plus élevés”.

Lisez aussi notre article de mars 2021 : La BCE intensifie son intervention pour soutenir l’activité

Les faucons traditionnels ne sont cependant pas loin. Mmoi Lagarde admet que les vingt-cinq membres du Conseil des gouverneurs ne sont pas tous d’accord. « Il y a eu un débat sur le rythme des achats. (…) Il y avait quelques opinions divergentes ici et là. “ « Bien ça [Christine Lagarde] envoyé un message de stabilité et de continuité, notre impression est qu’il se passe beaucoup de choses dans les coulisses », explique Frederik Ducrozet, stratège chez Pictet, une banque privée suisse.

Si les débats internes de la BCE sont secrets, les faucons sont connus : ils viennent des banques centrales allemande, néerlandaise, autrichienne et finlandaise. Dès avril, Klaas Knot, le gouverneur de la banque centrale des Pays-Bas, avait ouvertement soulevé la question du retrait progressif du PEPP.

Une BCE optimiste mais prudente

Pour l’instant, les signes de reprise économique sont toutefois trop incertains. La vaccination s’accélère dans toute la zone euro et les restrictions sanitaires sont levées les unes après les autres. Mais la vie est loin d’être revenue à son rythme normal. La saison touristique reste très incertaine et il reste difficile de se déplacer d’un pays à l’autre. Le rythme auquel les ménages dépenseront l’épargne qu’ils ont accumulée pendant la pandémie est également un point d’interrogation. Actuellement, le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro reste 5,1% en dessous de son niveau d’avant la crise liée au Covid-19.

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