June 23, 2021

« Joe Biden poursuit sans vergogne la guerre commerciale et technologique de Trump »

Quelques heures avant de s’envoler pour l’Europe, mercredi 9 juin, Joe Biden a signé un décret annulant l’interdiction des plateformes TikTok (partage de courtes vidéos), WeChat (messagerie, paiement en ligne, etc.) et huit autres applications. La mesure avait été décidée en 2020 par Donald Trump – et immédiatement suspendue par la justice – au motif que ces filiales des géants chinois Bytedance et Tencent risquaient de mettre en danger la sécurité nationale. Des accusations d’espionnage que ces firmes ont toujours rejetées.

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Il ne faut pas y voir de l’angélisme ou de la décontraction face à Pékin, même s’il n’a pas repris l’idée chère à son prédécesseur de céder « Tiktok USA » à une entreprise américaine. Lors de son entrée en fonction, M. Biden a rappelé que la Chine est un adversaire systémique sur les valeurs, le commerce et la technologie. Il a également donné quatre mois à l’administration pour évaluer si ces applications logicielles connectées « Peut présenter un risque inacceptable pour la sécurité nationale des États-Unis et du peuple américain », a expliqué la Maison Blanche.

Intelligence artificielle

Si M. Biden tourne le dos à la politique anti-climat de M. Trump, il poursuit sans vergogne la guerre commerciale et technologique, dont l’issue déterminera la puissance dominante au 21e siècle. Il a pris des mesures pour renforcer les chaînes d’approvisionnement du pays. Et la décision concernant les applications TikTok et WeChat avait été précédée la veille de l’adoption d’un texte important.

Avec le soutien des élus républicains, le Sénat a voté un plan de 190 milliards de dollars (156 milliards d’euros) pour soutenir la recherche et le développement (R&D) dans des secteurs de pointe comme les semi-conducteurs (54 milliards), l’intelligence artificielle et l’informatique quantique, où la Chine a rattrapé, voire dépassé, la première puissance économique. Inquiet du retard de l’Amérique dans ces secteurs sensibles et stratégiques, M. Biden s’est félicité d’un texte qui devrait permettre à l’Amérique de « Maintenir sa position de nation la plus innovante et la plus productive au monde ».

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Au nom d’une “America First” qu’il ne démentait pas non plus, M. Biden tient aussi fermement la barre des nouveaux droits de douane imposés par l’administration Trump à la Chine, et parfois à l’Europe. Il ne s’agit pas d’affaiblir, mais de renforcer le « Buy American Act », qui favorise les entreprises américaines concurrentes dans les marchés publics. Ni renoncer à reprendre la main laissée à la Chine, et plus largement à l’Asie, sur des biens aussi essentiels que les puces, les principes actifs pharmaceutiques, les terres rares ou les batteries automobiles. Et il y a quelques jours, le président a allongé la liste des entreprises chinoises liées à l’armée dans lesquelles il est interdit aux Américains d’investir. Chaque jour, M. Biden nie le surnom de « Chine Joe » que son adversaire lui avait collé pour sa prétendue complaisance envers l’Empire du Milieu.

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