June 23, 2021

Chez les salariés de Bio-Rad, l’impression d’un “énorme bordel”

« Nous ne comprenons toujours pas. “ Quatre mois après l’annonce « brutale » la fermeture de leurs usines de Roanne (Loire) et de Schiltigheim (Bas-Rhin) et leur délocalisation en 2022 à Singapour, les salariés de Bio-Rad ont encore du mal à y croire. Ce spécialiste de la conception et de la fabrication d’équipements de diagnostic en immuno-hématologie et pour le diabète « J’ai eu des commandes dans le monde entier. Nous faisions notre travail parfaitement, tout allait bien. Ça fait mal d’être viré comme ça », déplore Thierry Vichot, technicien méthodes et secrétaire du comité social et économique (CSE) du site de Roanne.

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Mercredi 9 juin, cet ancien de la maison, embauché il y a plus de trente ans par Noviloire – avant que l’entreprise ne soit cédée à Diamed, puis rachetée en 2007 par le groupe de biotechnologie américain Bio-Rad -, est venu, avec près de 70 autres salariés, exprime sa colère devant le siège français de l’entreprise à Marne-la-Coquette (Hauts-de-Seine). « Nous sommes résignés, les deux sites vont fermer, mais nous voulons simplement obtenir des conditions de départ décentes », explique Christian Berry, technicien.

Les 230 salariés (116 à Roanne et 114 à Schiltigheim) réclament notamment des compensations financières plus généreuses, « A la hauteur d’un groupe en pleine croissance qui réalise 2,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires », glisse Franck Gaudier, gestionnaire de stock, ainsi que la mise en place d’un système de départ anticipé. Mais à quelques jours de la fin des négociations, prévue le 15 juin, le dialogue reste tendu, malgré quelques “Maigres avancées” sur les indemnités de licenciement.

“Rester compétitif”

“Nos propositions sont quand même raisonnables, c’est décevant”, regrette Julien Coublé, technicien contrôle qualité. Encore une désillusion pour les salariés, encore choqués par la manière dont ils ont appris leur licenciement. « Ils ont installé des écrans géants, nous ont convoqués, et annoncé pêle-mêle dans une présentation les très bons résultats de l’entreprise et nos licenciements. Un mois plus tôt, ils nous ont offert des T-shirts d’entreprise et nous ont traités de héros pour notre travail pendant la crise sanitaire », dit l’un d’eux.

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Le groupe Bio-Rad, qui prévoit également une cinquantaine de licenciements à son siège français, explique de son côté « Transformer certaines de ses activités pour rester compétitif ». Un discours qui passe mal. « Notre carnet de commandes est plein, ils nous ont même récemment demandé de faire des heures supplémentaires. Mais ils voient juste qu’ils font 15 % de profit avec nos machines, là où ils feront 25 % en se délocalisant à Singapour », analyse un employé.

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