June 23, 2021

la difficulté de se réformer en période électorale

ANALYSE. C’est officiel, la dernière année « utile » d’Emmanuel Macron pourrait bien passer par une réforme des retraites – » la mère de toutes les réformes », selon les mots du chef de l’Etat. Reste à savoir s’il ramènera non pas des électeurs, mais des milliards. Car même si en la matière l’exécutif s’est défendu ces dernières années de vouloir une réforme « financière » – censée faire des économies -, mais plutôt une réforme de l’équité, il n’a pas réussi à convaincre l’opinion publique. de bonne foi. Et il lui sera encore plus difficile de sortir de la crise, alors que le déficit public devrait atteindre 9,4% cette année, la dette publique approche les 118% du PIB, et le gouvernement s’est fixé une trajectoire de réduction de la dépenses ambitieuses pour les cinq prochaines années.

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Avec près de 15 % du PIB français en 2019, les retraites restent de loin le premier poste de dépenses publiques en France, devant les services de santé (11 %), auxquels le gouvernement ne touchera certainement pas après dix-huit mois de pandémie. . Le ministre de l’Économie, des Finances et du Redressement, Bruno Le Maire, ne manque pas une occasion de rappeler la nécessité d’une réforme des retraites, plaidant même pour qu’elle se fasse avant les élections. « Je suis partisan de ne pas perdre de temps sur ce sujet, qui est un sujet majeur et qui doit s’inscrire dans une réflexion sur le volume de travail et la qualité de travail que nous proposons aux Français », il a rappelé, mardi 1est juin, dans une interview au « Talk » de Figaro.

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Pourtant, s’engager dans un tel projet à quelques mois d’une élection présidentielle n’est pas sans risque – pour les fonds publics. « Une réforme à six mois des élections coûte vingt ans avant de payer ! “, résume un spécialiste de Bercy. Bref : impossible, en période électorale, de proposer une réforme ambitieuse sans mesures d’accompagnement, au risque de déclencher une flambée sociale. Déjà, l’Elysée évoque l’idée d’un geste en faveur des petites retraites.

Ajustement de salaire, avancement

Car une réforme des retraites ne paie pas toujours. Comme en témoigne celle des régimes spéciaux, adoptée en 2007. Promesse de campagne de Nicolas Sarkozy, elle visait à les aligner progressivement sur le régime de la fonction publique, en modifiant la durée des cotisations et les conditions d’indexation. Mais pour le rendre socialement acceptable, il a été complété par des mesures d’accompagnement (augmentation de salaire, avancement), qui ont largement compensé ses effets sur la baisse des dépenses publiques. A tel point que, quatorze ans plus tard, il reste impossible de dire que la réforme a permis de faire des économies, les chiffres tendant plutôt à indiquer que ce n’est pas le cas.

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