June 25, 2021

Emmanuel Macron veut profiter de l’amélioration de la situation sanitaire pour relancer la « modernisation » du pays

Ce n’était donc qu’une pause, pas un arrêt final. Si le coronavirus l’obligeait, dès mars 2020, à troquer son costume de président “Transformateur” pour celui de gestionnaire de crise, Emmanuel Macron entend profiter de l’amélioration de la situation sanitaire pour relancer le train des réformes dans la dernière ligne droite de son quinquennat. « Ce ne sera pas un été en pente douce », a-t-il prévenu jeudi 3 juin, lors de son déplacement dans le Lot, qui marquait la première étape de son “Tour de France”. Avant d’indiquer qu’il devra “Prendre des décisions difficiles dans les semaines à venir”. Pas question de tergiverser et de stagner. D’ici à l’élection présidentielle de 2022, la dernière année de son mandat doit être “Utile”, a-t-il souligné, afin de tourner la page sur le Covid. Fin avril, il avait déjà manifesté sa volonté de gouverner “Jusqu’au dernier quart d’heure” et de « Reprendre le cours des réformes de modernisation ».

Mais pas n’importe lequel. Alors que les sujets souverains occupent le devant de la scène médiatique depuis plusieurs semaines, M. Macron entend remettre le débat sur le terrain économique et social. Un domaine jugé plus « favorable » pour l’ancien ministre de l’Economie, selon son entourage. Plutôt que de se retrouver sur la défensive face à la droite et à l’extrême droite, qui ne cessent de l’accuser de laxisme sur la sécurité ou l’immigration, le locataire de l’Elysée veut reprendre le contrôle, en imposant son propre agenda. « Il faut sortir de la juxtaposition de faits divers, considère l’un de ses conseillers. Il ne sert à rien de courir après Marine Le Pen ou Xavier Bertrand sur le royal car ils iront toujours plus loin que nous sur ce terrain. “

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Dans la majorité, plusieurs élus estiment que « le nécessaire a été fait » pour combler un point faible présumé de M. Macron, notamment avec l’adoption de plusieurs textes, comme celui sur « la sécurité mondiale », « le séparatisme », ou encore la lutte contre le terrorisme. A leurs yeux, il est désormais temps de revenir aux fondamentaux du macronisme. “C’est sur la promesse de modernisation du pays que nous avons été élus”, underlines the general delegate of La République en Marche (LRM), Stanislas Guerini.

Prenez d’abord « le pouls du pays »

Une réorientation stratégique, qui se reflète dans les mesures envisagées par l’exécutif dans les prochains mois. Si M. Macron n’a pas officiellement annoncé sa feuille de route – il a précisé vouloir prendre « Le pouls du pays » lors d’une dizaine de déplacements en juin et juillet, avant de se prononcer sur les arbitrages définitifs -, trois projets semblent quasiment certains de voir le jour, selon plusieurs sources au sein de l’exécutif. Le premier d’entre eux concerne la « garantie jeunesse », un dispositif visant à accompagner les personnes précaires de 16 à 25 ans vers l’insertion professionnelle, avec une allocation pouvant aller jusqu’à 500 euros par mois. Interrogé sur cette mesure, le chef de l’Etat a donné l’impression de la défendre, tout en disant qu’il ne croyait pas « A l’idée qu’on donne de l’argent sans conditions ». Une façon de se démarquer de la gauche, qui défend notamment un RSA pour les 18-25 ans.

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