June 25, 2021

“Boom Technology rêve de relancer l’épopée de la supersonique civile, onze ans après la fin brutale de l’aventure Concorde”

Boom ! C’est un coup de canon… ou un avion qui passe le mur du son. L’entrepreneur Blake Scholl a lancé Boom Technology en 2014 à la poursuite d’un rêve, relancer l’épopée du supersonique civil, onze ans après la fin brutale de l’aventure Concorde. Il n’est pas ingénieur aéronautique, n’a encore piloté aucun avion, mais il vient de décrocher le contrat du siècle. La compagnie aérienne United Airlines vient de passer commande de 15 avions supersoniques (et 35 autres en option), capables en 2030 d’emmener 88 passagers de New York à Londres en trois heures et demie. Deux fois plus rapide qu’avec un avion de ligne conventionnel.

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Ainsi, alors que l’ambiance de ces temps post-Covid pousse de nombreux citadins à retrouver le temps long, la proximité et un mode de vie moins furieux et plus écologique, certains se lancent dans la course de vitesse des années 1980. Poitiers, Léonore Moncond’huy, avait fait sensation en mars en affirmant que l’aéronautique ne devait plus faire partie des rêves d’enfant. Évidemment, ce n’est pas le cas pour tout le monde.

Une clientèle très aisée

United Airlines envisage sérieusement de créer des lignes régulières entre l’Amérique et l’Europe ou le Japon, destinées tout de même à une clientèle très aisée. Car, après vingt ans de course à petits prix, les performances seront chères. D’autant que Blake Scholl promet que son avion, baptisé Overture, sera neutre en termes d’émissions de CO2, grâce à l’utilisation de biocarburants. Un marché du luxe qui n’est pas la priorité de Boeing et Airbus mais que la banque UBS estime pouvoir atteindre 160 milliards de dollars en 2040. Japan Airlines a également investi dans Boom. Le prototype effectuera son premier vol d’ici un an.

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En 1986, le critique gastronomique italien Carlo Petrini, offusqué de voir un restaurant McDonald’s s’installer sur la célèbre piazza di Spagna à Rome, crée le mouvement du « slow food », une façon de manger plus sereine, plus proche, écologique et qualitative. face aux ravages de la restauration rapide. La lenteur assumée contre un monde trop pressé, comme autrefois lorsque Paul Lafargue, en 1880, revendiquait le droit à la paresse. Cette tension s’exprime aujourd’hui autour des enjeux environnementaux. Doit-on rendre nos fast-foods, nos voitures et nos avions plus verts, avec les nouvelles technologies, ou les ranger au garage et changer la société ? En attendant, il est probable qu’en 2030 nous veillerons, dans les avions Boom, à servir des légumes bio aux heureux passagers.

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