June 23, 2021

Pour relancer le rail local, l’ULM gagne du terrain

« Plus d’une centaine de mètres. Nous sommes à 0,45, 0,47… C’est fini ! 0,47 centime d’euro, record du monde battu ! “ Tel un commentateur sportif, Jean-Philippe Mangeot, le fondateur d’Urbanloop, vibre en ce vendredi 28 mai ensoleillé à l’aérodrome de Nancy. Sa capsule biplace vient de battre le record d’efficacité énergétique pour un véhicule ferroviaire, soit 0,47 centime d’électricité dépensée sur un kilomètre. Devant lui, une foule d’élus locaux et du ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, ont poussé des applaudissements et des acclamations.

Bien. Le prototype est encore un peu bruyant et cliquetant. Et il n’a pas manqué de susciter une avalanche de quolibets sur Twitter, lorsque M. Djebbari a fait un tour d’essai devant les caméras. « Ils sont sur le point d’inventer le tramway », dit l’un des moqueurs. « L’innovation est déjà prise », moquez-vous d’un autre en postant une photo d’une chenille de fête foraine.

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Cependant, sur le papier, l’idée a des points forts. A l’origine un projet d’étudiants de onze écoles d’ingénieurs de l’Université de Lorraine, dont l’Ecole des mines de Nancy, son principe consiste à mettre, sur une boucle de quelques kilomètres (dix km, au plus), un réseau de capsules gérées par algorithmes, permettant un transport électrique disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sans attente à quai et sans s’arrêter à destination. Tout est ultrafrugal : les dépenses énergétiques sont minimes, l’infrastructure lumineuse est pré-assemblée en usine.

Urbanloop, qui vient d’être constituée en société par actions simplifiée (l’Université de Lorraine est son principal actionnaire), a retenu l’attention du ministère des Transports, qui est en train de procéder à son agrément de sécurité.

Maintenir un service ferroviaire à bas prix

Les projets de tramway sont l’une des pistes avancées par le gouvernement pour redynamiser les transports publics ferroviaires locaux, et notamment les petites lignes SNCF en voie d’abandon.

Aujourd’hui, 4 000 kilomètres de voies ferrées risquent, à terme, la fermeture en France, sur les 12 000 kilomètres de voies ferrées régionales. Et cette infrastructure est parfois directement disponible : 700 kilomètres de très petites voies de fret, appelées « capillaires », n’accueillent plus aucun train.

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« Pour un certain nombre de lignes d’intérêt local, nous sommes ouverts à des modes opératoires innovants, a indiqué M. Djebbari, à Nancy. La gestion est en passe d’être déléguée aux régions, mais l’Etat peut agir de son côté pour faciliter le développement de projets de type Urbanloop. “ Le ministre a également commencé à fédérer un secteur du tramway, voire de l’ULM. En début d’année, il a réuni les acteurs, dont les constructeurs traditionnels Alstom et CAF, qui ont à leur catalogue des trains et tram-trains d’une cinquantaine de tonnes (200 tonnes pour un TER traditionnel).

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