June 25, 2021

les femmes obtiennent toujours 40% de moins que les hommes

1 503 euros brut. Il s’agit de la pension mensuelle moyenne, hors réversion, versée aux retraités résidant en France en 2019, tous régimes confondus, selon les chiffres publiés le 20 mai par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), dans l’édition 2021 de son rapport « Retraités et pensions ».

Avec un écart encore très important entre les montants perçus par les femmes et ceux perçus par les hommes, puisque les premières percevaient une pension moyenne (1 145 euros) inférieure de 40,5% à celle des seconds (1 924 euros). A court terme, l’écart ne diminue pas beaucoup, il était de 40,9 % en 2018. Il a cependant perdu 10 points en quinze ans (il était en effet de 50 % en 2004).

Les deux principales sources de ces différences de pensions sont les différences de salaire et de durée de cotisation.

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La diminution de l’écart observée au cours des quinze dernières années s’explique, selon la DREES, par l’augmentation, depuis l’après-guerre, du taux d’activité des femmes (et donc la constitution d’un droit spécifique à la retraite) et de leur niveau de qualification (qui réduit progressivement l’écart salarial). Mais aussi par la mise en place en 1972 de l’assurance vieillesse des parents à domicile (AVPF), système qui permet l’acquisition de droits à pension pour l’éducation des enfants (sous réserve de conditions de ressources, d’interruption ou de réduction d’activité, etc. )

28 % de différence, y compris la réversion

Si l’on prend en compte les réversions des veuves et des veufs, l’écart de retraite entre hommes et femmes se réduit à 28,1 % en 2019 (il était de 28,2 % en 2018 et de 35,4 % en 2004). La pension moyenne des femmes résidant en France passe alors à 1 399 euros brut, et celle des hommes à 1 947 euros (les réversions sont des fractions des pensions du conjoint décédé que le survivant peut, sous certaines conditions, percevoir jusqu’à son propre décès – les modalités varient selon le plan).

Cet effet encore fort des réversions sur la réduction des écarts de retraite entre les femmes et les hommes s’explique par le fait que le montant mensuel moyen des réversions pour les femmes est supérieur à celui des hommes, écrit Drees. Mais surtout, par la surreprésentation des femmes parmi les allocataires de la réversion, qui constituent 87 % des près de 3,8 millions d’allocataires de la réversion vivant en France en 2019.

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Cette surreprésentation tient notamment à leur plus grande longévité, due au fait qu’ils sont en moyenne plus jeunes que leur conjoint, et que les veufs ont plus souvent que les veuves des revenus dépassant les plafonds leur permettant de bénéficier de la réversion (dans les régimes où elle est soumise à une condition de ressource).

Plus petite différence parmi les fonctionnaires

L’écart moyen de pension entre les femmes et les hommes varie cependant fortement d’un régime de pension à l’autre. Donc d’un statut professionnel à l’autre.

L’étude de la DREES révèle ainsi un écart allant jusqu’à 55 % chez Agirc-Arrco, le régime de retraite complémentaire des salariés.1, et 43% au régime de retraite de base des artisans et commerçants. Contre « seulement » 14 % pour le régime de la fonction publique de l’État et 10 % pour le régime des fonctionnaires locaux et hospitaliers (la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales, CNRACL). Pour les régimes des professions libérales, le rapport indique une différence de 24 %.

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Ces écarts plus importants entre les femmes et les hommes dans le privé que dans le public ont également été soulignés dans un « focus » publié le 27 mai par l’Institut national d’études démographiques (INED), et ce, « Pour les petites retraites comme en haut de l’échelle ».

Pourquoi ? Si, parmi les petites pensions, « Les inégalités entre les sexes sont principalement dues aux différences de durée de cotisation » (femmes ayant en moyenne des durées de cotisation plus courtes que les hommes, avec des carrières plus fragmentées), parmi les personnes percevant les pensions les plus élevées, l’écart de retraite entre les femmes et les hommes s’explique principalement par des différences de salaire de référence, détaille l’Ined, sur la base d’un article publié en 2020 dans une revue scientifique par trois de ses chercheurs2.

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Or, ces différents effets, qui jouent donc plus ou moins selon le niveau de retraite, sont moins marqués chez les fonctionnaires que dans le privé, poursuit l’INED, qui note que « Les retraitées du secteur public ont eu des carrières moins éclatées que celles du secteur privé » et que « le calcul du salaire de référence pénalise moins fortement les interruptions de carrière dans le secteur public ».

Souligné également, pour la fonction publique, « Une plus grande homogénéité des parcours de travail » et « La non prise en compte des primes, plus fréquemment perçues dans les emplois majoritairement masculins que féminins, dans le calcul des retraites » (hors retraite complémentaire).

1. Chiffres calculés sur les retraités ayant perçu une pension des régimes français en 2019, résidant en France ou à l’étranger, hors réversion et supplément pour trois enfants ou plus.

2. Carole Bonnet (directrice de recherche), Dominique Meurs et Benoit Rapoport (chercheurs associés).

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