June 23, 2021

« Le Nouveau Contrat Social » : l’entreprise, moteur du néocapitalisme

Livré. Avec la pandémie, les entreprises se sont retrouvées à la pointe de la lutte contre le coronavirus. Les secteurs agroalimentaire et pharmaceutique, la distribution et le transport nous ont rappelé leur place stratégique. « Il s’agit d’une innovation historique d’une grande importance. C’est la première fois que le pouvoir de l’Etat est repris, en temps de paix, par le pouvoir des entreprises », notent Christian Pierret et Philippe Latorre dans Le nouveau contrat social (Le Bord de l’eau).

Selon les auteurs, ce bouleversement est le fondateur d’un nouveau capitalisme, « Tout aussi financier mais plus pérenne, tout aussi compétitif mais plus régulé, tout aussi axé sur la croissance mais avec moins de difficultés humaines. “ L’entreprise peut être le moteur de la transformation du capitalisme. Les travaux dégagent cet itinéraire original.

Lorsqu’il a fallu rattraper en urgence le retard de l’Etat à trouver des masques de protection individuelle, ce sont les petites mains anonymes et volontaires des couturières et des PME de l’habillement qui ont fabriqué les dispositifs nécessaires.

Défauts et raideurs idéologiques

L’agilité remarquable de groupes d’hommes et de femmes a réussi à combler en quelques semaines le vide industriel de la sixième puissance industrielle mondiale, devenue un pays de pénurie de dispositifs médicaux comme les respirateurs. La PME française MakAir a ainsi réussi, en un mois, à réunir des partenaires publics et privés, de grands groupes industriels, des universités, deux régions pour concevoir, développer et produire en urgence des dispositifs pour sauver des vies.

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Il faut s’accorder sur l’interprétation de ces deux exemples, souligne l’avocat et administrateur de jeunes entreprises innovantes et co-fondateur d’un fonds destiné aux PME françaises : il serait stupide de vouloir ignorer l’histoire républicaine et se passer de l’Etat , entités publiques, services publics qui, au lendemain d’une crise, sont indispensables au fonctionnement normal de notre pays.

Il ne s’agit pas non plus d’exposer l’entrepreneuriat privé qui n’est pas sans failles ou raideurs idéologiques. « Pour nous, il est essentiel de considérer l’État et les entreprises comme deux pôles complémentaires et non, comme la tradition française l’a établi, comme deux adversaires ou concurrents. Chaque entité devrait bénéficier des fonctions opérationnelles de l’autre et leur coopération devrait être la règle. “

Partage du pouvoir et du capital

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