June 25, 2021

Dans le bassin de Roanne, le renouveau du textile made in France

Liliane Simon est venue « Voyez si nous recrutons ». Sans avoir de rendez-vous, cette femme de 55 ans s’est présentée, mercredi 19 mai, dans les locaux de la tricoterie Marcoux Lafay pour déposer son CV. Elle connaît déjà tous les méandres de cet immeuble en béton construit à Sainte-Agathe-la-Bouteresse (Loire), dans la plaine du Forez. elle y travaillait “Près de dix ans”, jusqu’en 2004, en tant que coupeuse et tricoteuse.

Colette Chazelle, chef d'atelier depuis 2014 à l'établissement Marcoux Lafay, à Sainte-Agathe-la-Bouteresse (Loire), recrute des couturières et tricoteuses.  Elle fait appel à Pôle Emploi pour trouver des candidats et leur proposer une semaine d'immersion dans cet atelier qui emploie treize personnes.

Depuis août 2020, celui qui s’était reconverti à la préparation de commandes, avant d’être licencié, est inscrit à Pôle emploi. Elle a toutes les chances de retrouver ses anciens collègues et de se pointer à nouveau tous les jours, à 7h30, pour un contrat de 39 heures par semaine, derrière une machine à coudre ou des ciseaux électriques, sous les néons, dans le bruit du tricot. métiers à tisser et « Le meilleur des succès radio de Scoop » qu’une radio-cassette crache.

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Karine, co-gérante de l’entreprise avec son associé Arnaud de Belabre, sourit. Ceux qui se présentent spontanément dans les locaux des ateliers pour être embauchés « Sont souvent de très bons candidats, très motivés », juge-t-elle. Pourtant, depuis décembre 2020, sous l’impulsion de ces deux nouveaux propriétaires, le fabricant de pulls médicaux et de genouillères recrute à nouveau. L’atelier de Marcoux, qui emploie une dizaine de personnes, pourrait porter ses effectifs à « Vingt-cinq personnes », nous aimonsmoi Renouil-Tiberghien.

« Plus rien ne sera pareil »

A Roanne (Loire), l’usine Jean Ruiz, autre établissement que possèdent les deux entrepreneurs, recrute également une dizaine de personnes, pour porter ses effectifs à vingt-cinq à moyen terme. Depuis des mois, Florence Lassagne, responsable de l’atelier de confection, recherche des couturières et « remailleuses » d’assurer la finition des pulls, fabriqués en trente à quarante minutes sur des métiers automatiques, pour Aigle, Système U ou Leclerc.

Elle n’est pas la seule dans la région de Roanne. A Charlieu, Eric Boël, PDG de Tissages de Charlieu (LTC), spécialiste du jacquard et de la confection de sacs en toile, recrute également. L’établissement emploie 80 personnes, contre trente-cinq en 1997, lors de sa reprise par l’entrepreneur. « Dans trois ans, nous serons 150 », prédit celui-ci.

Karine Renouil-Tiberghien a repris la Manufacture de Layette et Tricots en 2016, à Pau, avec son associé Arnaud de Belabre, puis l'atelier Jean Ruiz à Roanne (Loire) en 2018, et les établissements Marcoux Lafay à Sainte-Agathe-la - Bouteresse (Loire) en 2020. « Nous tricotons en France au même prix qu'en Chine.  Ce qui coûte, c'est l'assemblage », estime le dirigeant, convaincu qu'il « est rentable » de produire en France.  Ici le 19 mai 2021, à Sainte-Agathe-la-Bouteresse.

Tous ces fabricants de la région de Roanne disent bénéficier du regain d’intérêt des consommateurs pour les articles fabriqués en France, et de la volonté des distributeurs de vendre plus de produits français.

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