La Chine peine à concrétiser ses ambitions en matière de climat

Au nord de la Chine, dans la province du Shanxi, la ville de Datong aime tellement le charbon qu’elle lui consacre un musée : un immense bâtiment anthracite érigé sur une ancienne mine dans laquelle les visiteurs peuvent d’ailleurs descendre. Inauguré en 2012, ce musée était initialement conçu comme une ode à ce minerai auquel le pays doit tant. Thématique générale : sans charbon, pas de civilisation. Sauf que les temps changent. En 2019, la scénographie a dû être modifiée pour intégrer la célèbre phrase du président chinois Xi Jinping : « Les rivières limpides et les montagnes verdoyantes constituent un patrimoine inestimable. »

Le Datong Coal Group, qui exploite une trentaine de mines et gère le musée, s’y présente désormais comme « le leader de la campagne nationale pour la révolution énergétique ». Les panneaux explicatifs passent du gris au vert. On y apprend que cette entreprise publique investit également dans le solaire. De fait, dans cette région pauvre, dont les routes sont défoncées et où de nombreux bâtiments tombent en ruine, les champs exposent désormais d’innombrables panneaux solaires, tandis que les collines sont recouvertes d’éoliennes. Même au pays des « gueules noires », la transition énergétique est en marche.

Xi Jinping a promis à la tribune de l’Organisation des Nations Unies, en septembre 2020, qu’il veillerait « à ce que les émissions de CO2 atteignent leur maximum avant 2030 et à ce que la Chine atteigne la neutralité carbone d’ici à 2060 ». Même le gouvernement chinois, dit-on, n’avait pas été mis préalablement au courant de ce dernier objectif.

A Kunming, la notion de « civilisation écologique » introduite dans la Constitution chinoise en 2012 s’est imposée au détriment du concept de « développement durable », jugé trop occidental

La Chine, responsable de 27 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales, aurait pu prendre prétexte du retrait américain de l’accord de Paris sur le climat pour ne pas tenir ses propres engagements. Elle ne l’a pas fait. Au contraire, Pékin a considéré que le climato-scepticisme de la Maison Blanche lui offrait une opportunité à saisir. Non seulement ses entreprises allaient accroître leur avance dans ce domaine stratégique, mais Xi Jinping allait pouvoir incarner un pays qui, à l’inverse des Etats-Unis, prenait soin de la planète.

La Chine se voit-elle reprocher par la nouvelle administration Biden d’exporter sa pollution en finançant des centrales au charbon à l’étranger ? Xi Jinping crée à nouveau la surprise en septembre 2021 en annonçant, toujours devant l’ONU, que Pékin cessera de financer de nouvelles centrales au charbon dans le cadre de son projet d’investissements colossal des « nouvelles routes de la soie ».

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La Chine peine à concrétiser ses ambitions en matière de climat

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