Vente de frégates françaises à la Grèce : l’offre américaine est caduque car le contrat est signé, affirme Paris

Moins de trois mois après l’accord conclu entre les Etats-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni (désigné sous le nom d’alliance Aukus) torpillant un mégacontrat de sous-marins français à la marine australienne, l’émission d’une autorisation de vente de frégates à la Grèce par les Etats-Unis exigeait une réponse ferme. Samedi 11 décembre, au lendemain de l’annonce de l’administration Biden, le ministère des armées français a fait savoir que « le contrat avec les Grecs (…) [avait] été paraphé il y a quelques jours », rendant caduque l’offre concurrente présentée par les Etats-Unis.

« La décision du gouvernement est prise (…). Les contrats seront très prochainement remis aux entités compétentes du Parlement en vue d’un vote », a confirmé le ministère grec de la défense dans un communiqué.

Selon l’accord franco-grec de quelque 3 milliards d’euros, annoncé en grande pompe le 28 septembre à Paris, trois frégates de défense et d’intervention (baptisées Belharra à l’export) doivent être construites en France par Naval Group, à Lorient (ouest), pour être livrées à la marine grecque en 2025 et 2026. Outre les navires, il comprend la fourniture par le fabricant de missiles MBDA de leurs armements (missiles antiaériens Aster, antinavires Exocet et des torpilles) et des prestations de soutien sur trois ans.

Washington proposait pour sa part la vente à Athènes de quatre frégates de combat et leur équipement, d’une valeur de 6,9 milliards de dollars (6,1 milliards d’euros environ), ainsi que la modernisation des frégates grecques de la classe MEKO, pour un montant évalué à 2,5 milliards de dollars.

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Crise diplomatique sans précédent

Ces échanges surviennent quelques semaines après une crise diplomatique sans précédent entre Washington et Paris. En septembre, les Etats-Unis avaient annoncé un partenariat de sécurité dans la zone Indo-Pacifique avec l’Australie et le Royaume-Uni, comprenant notamment la livraison de sous-marins à propulsion nucléaire à Canberra. L’Australie avait donc rompu un gigantesque contrat signé avec la France pour la livraison de sous-marins conventionnels, provoquant la colère de Paris.

Le ministre des affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, avait dénoncé un « coup dans le dos », comparant la méthode de M. Biden « à ce que faisait » son prédécesseur, Donald Trump – un affront pour le président démocrate, soucieux de se démarquer du milliardaire républicain.

La France avait rappelé ses ambassadeurs aux Etats-Unis et en Australie, et M. Biden avait admis que les Etats-Unis auraient pu mieux communiquer avec leur allié de longue date. A la fin d’octobre, à Rome, M. Biden avait tenté de tourner la page des sous-marins australiens lors d’une rencontre de réconciliation avec le président français. Les deux chefs d’Etat avaient annoncé leur intention de lancer « un dialogue stratégique en matière de commerce militaire », notamment sur les autorisations d’exportations.

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Le Monde avec AFP

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