Nubank : « La folie fintech est le dernier territoire de la révolution numérique »

Pertes et profits. L’histoire de David Velez résume à elle seule la rencontre explosive entre la révolution numérique et la folie financière qui s’est emparée du monde depuis dix ans. Jeune ingénieur colombien parti étudier aux Etats-Unis, il est envoyé par la société d’investissement Sequoia pour ouvrir un bureau au Brésil, afin de prospecter l’Amérique latine. L’ouverture de son compte en banque est une épreuve : des heures d’attente, des montagnes de documents à remplir, des directeurs inaccessibles. Et, une fois passés les obstacles, des frais bancaires outrageusement élevés.

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Il propose alors à son employeur de créer sa propre banque, sans agence, et uniquement accessible par smartphone, appelée « Nubank ». En 2013, Sequoia investi 1 million de dollars (883 000 euros) dans la start-up, et le premier compte est ouvert en 2014. Quatre ans plus tard, la société, active au Brésil, au Mexique et en Colombie, est valorisée plus de 1 milliard de dollars et attire les investisseurs internationaux. Jeudi 9 décembre, Nu Holdings, la maison mère, s’introduit à Wall Street, en levant 2,5 milliards de dollars. Huit ans après sa création dans la banlieue de Sao Paulo, la société est valorisée 40 milliards de dollars et est devenue la plus grande banque numérique indépendante au monde. Sequoia a perdu un employé, mais sa participation dans Nubank vaut désormais plus de 7 milliards de dollars.

Les investissements explosent

La folie fintech est le dernier territoire de la révolution numérique. Du paiement à la monnaie, elle bouleverse le monde de l’argent, en dépit des fortes régulations qui entourent ce métier. Selon les analystes du cabinet BCG, les investissements dans ce secteur ont progressé de 173 % au troisième trimestre, par rapport à la même période de 2020. L’Europe n’est pas en reste, avec, notamment, la start-up britannique Revolut, fondée en 2014, et valorisée plus de 30 milliards de dollars. La banque allemande N26, créée en 2013, vaut 9 milliards, même si son retrait précipité d’Amérique a sérieusement écorné son image. L’argent, même gratuit, ne fait pas tout.

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En France aussi, mais avec retard, les fintech fleurissent. Près de 800 millions d’euros ont été investis depuis le début de l’année. Les sociétés Spendesk, Qonto, Lydia ou Swile sont courtisées par tous les fonds mondiaux et en profitent pour remplir leur portefeuille. Jusqu’à présent, les succès français dans ce domaine s’achevaient dans les mains des grandes banques qui tiennent le marché d’une main de fer. BNP Paribas a racheté Nickel en 2017, Société générale, Boursorama, en 2014, mais la vague devient incontrôlable. Nubank ou Revolut valent, chacune, plus cher que Société générale. Le jour de vérité approche.

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