Musique à Agadir et Ouaga, expo et théâtre à Paris : l’agenda culturel du « Monde Afrique »

Chaque vendredi, l’agenda culturel du Monde Afrique vous propose des activités à suivre ou à faire sur le continent, en France et ailleurs dans le monde.

  • Les arts congolais oubliés au musée du Quai-Branly

Le titre et l’affiche ne laissent guère présager l’immense richesse de la nouvelle exposition que le musée du Quai-Branly consacre aux arts du sud-ouest de la République démocratique du Congo (RDC), longtemps oubliés des historiens et des collectionneurs. « La Part de l’ombre » présente jusqu’au 10 avril 163 objets issus de cet immense territoire qui s’étend jusqu’au lac Mai-Ndombe au nord, Kinshasa à l’ouest et la frontière avec la Zambie au sud.

Chaque statue, chaque masque, pendentif, coiffe et instrument (sabre de chasse, peigne, appuie-nuque) nous plonge dans le quotidien, aujourd’hui disparu, d’une vingtaine de peuples parmi lesquels les Tshokwe, les Mbala, les Yaka, les Yangi et les Pende. Qu’ils aient été utilisés pour effrayer, guérir, accompagner le passage à l’âge adulte des garçons circoncis, distinguer un chef, accabler un ennemi, attirer la fortune, honorer la mémoire d’un homme ou simplement orner une tenue ou une maison, tous les objets racontent quelque chose de celui qui l’a fabriqué, porté ou collecté.

Parmi les « bijoux » de l’exposition, on retiendra particulièrement les masques pwo, remarquables de finesse et d’expressivité, mais aussi la statue pindi, sculptée à partir d’une branche et qui semble jeter les bras au ciel. Les pièces exposées éclairent également des épisodes méconnus de l’histoire, comme la révolte des Pende contre l’exploitation coloniale en 1931.

Plus d’informations : www.quaibranly.fr

  • Les révélations musicales du « Soko Festival »

La chanteuse burkinabée Flora Paré.

Devenu le rendez-vous des défricheurs de talents musicaux au Burkina Faso, le « Soko Festival » a pour particularité d’associer des concerts sur les deux scènes de l’Institut français de Ouagadougou avec des masterclass et des formations sur la communication ou la production. Parmi la trentaine de groupes et d’artistes attendus du 13 au 15 janvier, citons la Burkinabée Flora Paré, devenue une star en Afrique de l’Ouest après sa participation à l’édition d’Afrique francophone de « The Voice », le Togolais Charl Ozzo, le DJ sénégalais Leuz Zarak, le groupe burkinabé Taleard, la Béninoise Koudy Fagbemi et la Malienne Mariam Koné.

Plus d’informations : https://ouagadougou.institutfrancais-burkinafaso.com

  • Les parts d’ombre de la France au théâtre de la Colline

La metteuse en scène Alexandra Badea, à Avignon, en juillet 2019.

Le massacre de tirailleurs sénégalais par des gendarmes français et des troupes coloniales à Thiaroye, le 1er décembre 1944 ; celui de manifestants algériens à Paris, le 17 octobre 1961 ; l’exil forcé de jeunes Réunionnais déracinés entre 1963 et 1982 afin de repeupler les zones rurales de la métropole.

Telles sont les trois pages sombres de l’histoire française que l’écrivaine et metteuse en scène française d’origine roumaine Alexandra Badea explore dans sa trilogie « Points de non-retour », au théâtre de la Colline, à Paris, du 12 janvier au 6 février. L’idée a germé en elle quand, lors de sa cérémonie de naturalisation en 2013, a été déclaré : « A partir de maintenant, vous devez assumer l’histoire de ce pays, avec ses moments de grandeur et ses coins d’ombre. »

De son travail avec une équipe d’artistes « à l’image de la France d’aujourd’hui » sont nés Thiaroye, Quais de Seine et Diagonale du vide. Trois opus qui explorent la question de la mémoire et de sa transmission d’une génération à l’autre en orchestrant sur scène la confrontation des époques, des vécus et des discours. Les pièces peuvent se voir séparément pendant la semaine, ou dans la continuité le week-end lors d’une grande journée de sept heures entrecoupée de deux entractes. Une expérience théâtrale inoubliable.

Plus d’informations : www.colline.fr

  • Les musiques amazighes à Marrakech

La chanteuse marocaine Meryem Aassid.

L’Institut français d’Agadir a choisi le 13 janvier, date de célébration du Nouvel An amazigh, pour clôturer en musique et en public la résidence artistique « Tekchbila ». Commencé en avril 2021 dans la région de Souss-Massa, dans le sud du Maroc, le projet rassemble producteurs de musique électronique marocains, artistes amazighs contemporains et troupes amazighes locales, avec pour objectif de mieux faire connaître les musiques amazighes du Maroc. Le concert du 13 janvier, à 19 heures, permettra de montrer le résultat d’un an de travail lors d’un concert agrémenté d’une exposition multimédia et accompagné d’un vidéo-jockey. Parmi les artistes présents, la chanteuse de jazz Meryem Aassid, dont la voix sublime est à découvrir absolument.

Plus d’informations : https://if-maroc.org

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