Malgré Omicron, Rio de Janeiro revit et profite de l’été brésilien

Par Bruno Meyerfeld

Publié aujourd’hui à 10h10

Les pieds dans le sable, assis confortablement sur sa chaise longue face à l’océan, Marcelo promène pourtant un regard inquiet. Il jette un coup œil à droite puis à gauche, observant avec méfiance la foule des milliers de baigneurs serrés sur la plage d’Ipanema. « C’est la première fois que je retourne à la plage en deux ans de pandémie ! », avoue ce quinquagénaire, habitant de Rio de Janeiro et cadre d’une société de cosmétique.

« Je l’avoue : j’ai un peu peur ! Je m’assois un peu à l’écart, je suis venu seulement avec ma fille et mon épouse et je ne consomme rien… », détaille Marcelo, cheveux grisonnants et torse rougi par le soleil. En cette radieuse après-midi d’été brésilien, il est bien seul à prendre de telles précautions. La plage est pleine à craquer et la mer est grasse de crèmes et d’huile de bronzage. Aucun nuage à l’horizon. Ni masque.

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Après deux ans de pandémie, Rio revit. La ville voit aujourd’hui ses indicateurs au vert après avoir traversé une tragédie sans précédent, enterrant plus de 35 000 des siens (620 000 au Brésil), emportés par le Covid-19,On ne diagnostique plus qu’une poignée de nouveaux cas quotidiens, contre plus de 2 000 au plus fort de l’épidémie. A peine une vingtaine de malades sont aujourd’hui hospitalisés. Ils étaient près de 1 500 au mois de juillet 2021.

« La peur est partie ! »

Ville de plaisir et de jouissance, Rio a retrouvé le sourire. Sur le poste de secours numéro 8, à Ipenama, les sauveteurs ont inscrit en rouge et en gras : « felicidade », « joie » en portugais. A quelques mètres, sur le sable, Dayla, 27 ans, bikini bleu azur orné de fleurs, semble plus préoccupée par les coups de soleil que par le Covid-19. « J’habite le quartier. Ici, c’est blindé tous les jours. C’est irréel, même en cette saison », dit-elle.

Soirée Zê êne à Madureira, dans la zone nord de Rio de Janeiro, le 27 décembre 2021.
Sur la piste de danse pendant la soirée Zê êne, à Madureira, dans la zone nord de Rio de Janeiro, le 27 décembre 2021.

« La peur est partie ! », répète la jeune femme. A Rio, tout a rouvert, sans exception, et quasiment sans restriction. Le « deal » proposé par le maire, Eduardo Paes (centre droit), à sa ville est simple : d’accord pour la fête, mais seulement si tout le monde se fait vacciner. Les Cariocas ont « topé » : 97 % des adultes ont reçu leurs deux doses. La campagne pour la piqûre de rappel est commencée et celle de la quatrième en préparation. Le mouvement antivax est inexistant.

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Résultat : le temps d’un été, Rio redécolle. Littéralement. A l’ombre du Pain de Sucre, une longue file de visiteurs attend de s’envoler vers l’une des plus belles vues du monde. Ils sont plus de 10 000 à monter chaque jour à bord du téléphérique, plein comme un métro à l’heure de pointe. « Il n’y a plus aucune jauge. On contrôle seulement les certificats de vaccination », explique une employée.

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