L’émir de Dubaï, la princesse de Jordanie et le divorce à 650 millions d’euros

Un retentissant procès pour divorce, à Londres, est venu lever un coin du voile qui masque l’opulence et la violence régnant dans certains palais du Moyen-Orient. Mardi 21 décembre, un tribunal londonien a condamné le cheikh Mohammed Ben Rachid Al-Maktoum, émir de Dubaï, à verser 554 millions de livres (650 millions d’euros) d’indemnités à son ex-femme, la princesse Haya Bint Al-Hussein, fille de feu le roi Hussein de Jordanie.

Le procès a révélé comment l’émir a tenté d’intimider son ancienne épouse, a essayé d’acheter en secret la maison voisine de sa résidence de campagne, et a utilisé le logiciel de cybersurveillance Pegasus pour infiltrer ses téléphones portables et ceux de ses collaborateurs. « Il constitue un risque grave pour la sécurité [de la princesse] et de ses enfants », a estimé le juge Philip Moor.

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L’histoire commence comme un conte des Mille et Une Nuits. D’un côté, le monarque de la tapageuse cité-Etat, 72 ans, qui rêve de faire de sa ville une rivale de New York. De l’autre, la fille du roi Hussein de Jordanie et de sa troisième femme, actuellement âgée de 47 ans. De leur mariage en 2004 naissent deux enfants, âgés de 9 et 13 ans aujourd’hui.

Mais la relation tourne mal. La princesse trompe son mari avec un garde du corps, qui la fait chanter en menaçant de raconter leur liaison. Or, l’émir est réputé pour sa violence. « Il a commandé et orchestré l’enlèvement de deux de ses enfants », a rappelé le juge. En 2000, cheikh Mohamed a en effet fait enlever, dans les rues de Cambridge, l’une de ses filles, la princesse Shamsa, qui avait tenté de s’échapper chez des amis installés dans la capitale britannique. En 2018, une autre de ses filles, la princesse Latifa, a été, de même, ramenée de force auprès de son père, alors qu’elle se trouvait sur un yacht au large de l’Inde.

Un certain train de vie

Dans ces conditions, la princesse Haya estime ne pas avoir le choix : en avril 2019, elle s’enfuit à Londres, non sans avoir fait envoyer huit tonnes d’affaires personnelles au préalable. Elle se réfugie avec ses deux enfants dans une immense mansion du centre de la capitale britannique, achetée en 2016 pour 87 millions de livres (102 millions d’euros). Mais son ex-mari lui coupe les vivres.

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Elle est alors contrainte, a-t-elle expliqué à la justice, de vendre ses affaires pour survivre : ses chevaux, pour plus de 10 millions d’euros, des bijoux, pour 2,5 millions d’euros, des sacs de luxe… Redoutant un enlèvement, il lui faut également s’acquitter de frais de sécurité très élevés, estimés à 11 millions de livres, comprenant voitures blindées, gardes du corps, vidéosurveillance, etc.

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