Lassina Zerbo nommé premier ministre du Burkina Faso

L’ancien responsable onusien chargé de l’interdiction des essais nucléaires, Lassina Zerbo, a été nommé, vendredi 10 décembre soir, premier ministre du Burkina Faso, après que le président Roch Marc Christian Kaboré a appelé la population au « rassemblement » face aux attaques djihadistes qui endeuillent le pays.

M. Zerbo, nommé par décret présidentiel, succède à Christophe Joseph Dabiré, qui a démissionné mercredi soir, emporté par la colère croissante de la population contre l’exécutif, et accusé d’être incapable d’enrayer les attaques terroristes. Un nouveau gouvernement sera formé dans les prochains jours.

Lassina Zerbo, 58 ans, était à la tête de l’Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires de 2013 à août 2021. Peu connu du grand public, ce docteur en géophysique a remporté plusieurs prix dont celui de la « diplomatie scientifique » décerné en 2018 par l’association américaine pour l’avancée de la science.

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Sa tâche à la tête du gouvernement sera immense tant le Burkina est confronté à une grave crise sécuritaire depuis plusieurs années. Comme ses voisins malien et nigérien, le pays est pris depuis 2015 dans une spirale de violences attribuées à des groupes armés djihadistes, affiliés à Al-Qaïda et au groupe État islamique qui ont fait au moins 2 000 morts et 1,4 million de déplacés. Les attaques qui visent civils et militaires sont de plus en plus fréquentes et en grande majorité concentrées dans le nord et l’est du pays.

Forte défiance de la population

Vendredi soir, avant l’annonce de la nomination de M. Zerbo, le président Roch Marc Christian Kaboré avait appelé au « rassemblement » et au « sursaut national » pour vaincre « le terrorisme ».

« Tous les Burkinabés doivent être de ce combat, car c’est le seul qui vaille la peine aujourd’hui d’être mené », a-t-il déclaré dans une adresse à la Nation, à la télévision publique. « Je lance un appel, à l’ensemble des filles et des fils de notre Nation, à consentir l’effort de guerre, chacun en fonction de ses possibilités », a-t-il ajouté sans détailler en quoi consistait cet effort. Selon lui, « l’union sacrée (…) dans la lutte implacable contre le terrorisme » est une priorité.

Le pouvoir fait face depuis plusieurs semaines à une forte défiance de la population. Fin novembre, des centaines de manifestants étaient descendus dans la rue à Ouagadougou pour réclamer le départ de l’exécutif. Une dizaine de personnes, dont un enfant et deux journalistes, avaient été blessées dans la dispersion de ces marches.

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L’exaspération des Burkinabés a été exacerbée par l’attaque particulièrement meurtrière d’Inata (nord), le 14 novembre, où au moins 57 personnes, dont 53 gendarmes, ont été tuées par des jihadistes. Deux semaines avant cette attaque, les gendarmes d’Inata avaient alerté l’état-major sur leur situation précaire, disant manquer de nourriture et s’alimenter grâce au braconnage.

M. Kaboré a été élu en novembre 2015, un an après que son prédécesseur Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 1987, a été chassé par la rue pour avoir voulu modifier la Constitution afin de se maintenir à son poste. Il a été réélu en 2020 pour un mandat de cinq ans.

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Le Monde avec AFP

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