La transition énergétique, vaste défi pour une Afrique du Sud très dépendante du charbon

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, le répétait encore en octobre : les pays développés « portent la plus grande responsabilité dans le changement climatique » et doivent, à ce titre, « offrir un soutien financier significatif » aux pays en développement, dans leurs efforts visant à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Moins d’un mois plus tard, l’Afrique de Sud joue le rôle de porte-étendard de cette « transition énergétique juste », à l’occasion de la Conférence des Nations unies sur le climat, la COP26.

Profitant de la caisse de résonance que constitue le sommet climat de Glasgow (Ecosse), la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et l’Union européenne ont annoncé, le 2 novembre, la mise à disposition de 8,5 milliards de dollars (7,3 milliards d’euros), sur trois à cinq ans, sous forme de subventions, de prêts à des conditions avantageuses et d’investissements, notamment, afin de soutenir la transition énergétique du pays qui compte parmi les plus dépendants au charbon au monde.

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Le président Ramaphosa a salué « un tournant décisif », qui prouve, à ses yeux, que le pays peut « prendre des mesures ambitieuses pour le climat, tout en augmentant [sa] sécurité énergétique, en créant des emplois et en exploitant de nouvelles possibilités d’investissement avec le soutien des économies développées ». En visite en Afrique du Sud dans le cadre de la négociation de ces aides, mi-octobre, la ministre de la transition écologique française, Barbara Pompili, expliquait vouloir s’appuyer sur le « rôle prescripteur de l’Afrique du Sud », afin de mettre en place « une méthode qui peut être répliquée dans d’autres pays qui ne savent pas encore comment ils pourraient être accompagnés ».

Plus de 80 % de la production d’électricité tirée du charbon

Car la nation sud-africaine cumule de nombreux défis qui en font un terrain d’expérimentation idéal. Plus de 80 % de sa production d’électricité est tirée du charbon, faisant du pays le 12e plus gros émetteur de CO2 au monde. A elle seule, la compagnie publique d’électricité Eskom est responsable de 41 % des émissions nationales et d’un quart des émissions du continent africain, a expliqué son PDG, André de Ruyter.

D’après une étude publiée en 2020, le secteur charbonnier emploie plus de 120 000 personnes dans un pays comptant près de 45 % de chômage

Longtemps, pourtant, Pretoria a rechigné à s’engager sérieusement dans la transition vers d’autres sources d’énergie. D’après une étude publiée en 2020, le secteur charbonnier emploie plus de 120 000 personnes dans un pays comptant près de 45 % de chômage. Les compagnies minières et leurs syndicats sont de puissants acteurs économiques. Sous la présidence de Jacob Zuma (2009-2018), Eskom est également devenue le totem des maux d’une Afrique du Sud en proie à une corruption systémique accompagnée d’une gestion désastreuse.

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