La Russie, marraine d’une politique des petits pas entre Azerbaïdjan et Arménie

Parer au plus urgent, remettre à plus tard les dossiers épineux : voilà l’objectif de la rencontre organisée par Vladimir Poutine, vendredi 26 novembre, entre dirigeants arménien et azerbaïdjanais, un an après la fin de la guerre dans le Haut-Karabakh. Plutôt que de célébrer le cessez-le-feu du 9 novembre 2020 – une telle célébration avait été refusée par l’Arménien Nikol Pachinian, pour qui la date correspond à celle d’une défaite –, la réunion, qui s’est tenue à Sotchi, sur les bords de la mer Noire, visait d’abord à mettre fin aux tensions récurrentes et violentes entre les deux pays.

Le plus meurtrier de ces épisodes a eu lieu il y a moins de deux semaines, entraînant la mort de six soldats arméniens et de sept militaires azerbaïdjanais, avec l’emploi d’armes lourdes et d’artillerie. Plus de vingt soldats arméniens ont également été capturés, Erevan dénonçant une nouvelle incursion sur son territoire.

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Signe de la volatilité et de la dangerosité de la situation, ces affrontements n’ont pas lieu autour du Haut-Karabakh à proprement parler mais sur la frontière entre les deux Etats, dans le district de Syunik – du côté azerbaïdjanais, on parle des territoires autrefois utilisés comme zone tampon du Haut-Karabakh arménien mais repris par l’armée de Bakou.

L’apparition de ces nouveaux foyers de tension est une conséquence directe du cessez-le-feu de novembre 2020, qui a vu apparaître de nouvelles frontières. Or celles-ci, héritées d’une Union soviétique qui en faisait de simples limites administratives, ne sont pas délimitées dans le détail. Qui plus est, elles traversent parfois des villages arméniens, ou coupent des voies de communication utilisées par les Arméniens.

Résultats pleins d’incertitude

C’est sur ces deux sujets – frontières et routes – que Nikol Pachinian et le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, ont concentré leur travail, vendredi soir. Ces pourparlers, « constructifs », selon Vladimir Poutine, ont débouché sur la mise en place d’ici la fin de l’année d’une commission chargée de délimiter la frontière, sous l’égide de la Russie. Parmi ses premières missions : déterminer quelles cartes serviront de base à ce travail.

Les dirigeants arménien et azerbaïdjanais auraient aussi convenu de « débloquer les corridors de transport » entre les deux pays, tant pour le chemin de fer que pour les routes. Le président russe n’a pas précisé si cet accord concernait la mise en place d’un corridor entre l’Azerbaïdjan et son enclave du Nakhitchevan. Un tel projet est évoqué dans le cessez-le-feu de 2020 mais il est perçu comme une menace pour la souveraineté arménienne, qui évoque une « route » plutôt qu’un corridor et revendique pour elle-même des accès au territoire russe.

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La Russie, marraine d’une politique des petits pas entre Azerbaïdjan et Arménie

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