Election présidentielle 2022 : Emmanuel Macron face aux « vents mauvais » de l’histoire

La question est revenue par vagues successives, toujours dissimulée derrière un autre objet, avant d’être posée franchement au bout de deux heures de conférence de presse : Emmanuel Macron sera-t-il candidat à sa réélection lors du scrutin présidentiel des 10 et 24 avril 2022 ? Depuis des semaines, les troupes du chef de l’Etat planchent en secret sur sa future campagne. Ses opposants s’agacent de le voir tapi dans l’ambiguïté, l’accusant de profiter de sa fonction pour partir à la chasse aux voix avec les moyens de l’Elysée. Quant aux journalistes, donc, ils interrogent, inlassablement.

Certes, le rendez-vous du jeudi 9 décembre, dans la salle des fêtes du palais présidentiel, visait à présenter les priorités de la présidence française du Conseil de l’Union européenne, au premier semestre 2022. Mais la concomitance des événements soulève des procès en instrumentalisation qui appellent des réponses.

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Emmanuel Macron, d’abord, se fait badin. Il raille une « question obsessionnelle » de la part de la presse, voire « un désir caché, presque un appel », après avoir défendu, un peu plus tôt, son souhait de diriger « jusqu’au dernier quart d’heure ». Puis, il saisit la perche. « Il est important que les institutions continuent à fonctionner de la manière la plus stable possible, plaide le chef de l’Etat. Quand les vents mauvais reviennent, et se lèvent, il est légitime qu’il y ait des choix démocratiques et que toutes les voix s’expriment. Mais le rôle de nos institutions est de tenir le pays là où il doit être ; ne rien concéder, ni au racisme, ni à l’antisémitisme, ni à la remise en cause de nos valeurs, ni à la manipulation de notre histoire. »

Le danger du « révisionnisme historique »

L’allusion à Eric Zemmour, condamné à deux reprises pour provocation à la discrimination raciale et à la haine religieuse, est transparente. Qu’importe que l’étoile du candidat d’extrême droite pâlisse depuis quelques semaines, notamment avec son meeting de Villepinte (Seine-Saint-Denis), le 5 décembre, émaillé de violences. Emmanuel Macron le désigne comme son adversaire. Il lui oppose le « calme » et l’« autorité » des institutions.

L’agenda de la présidence européenne du chef de l’Etat se veut une réponse à la poussée populiste en France

Un peu plus tôt, déjà, le président de la République avait souligné le danger du « révisionnisme historique ». Cela visait notamment la Pologne. Mais le propos pouvait s’étendre à Eric Zemmour, qui cherche à réhabiliter le maréchal Pétain et dénonce avec force les lois mémorielles punissant le racisme ou le négationnisme. Emmanuel Macron, lui, veut « étendre la liste des infractions européennes aux crimes et discours de haine ». Et créer, au passage, « un fonds de soutien européen au journalisme indépendant et d’investigation », à l’heure où l’ancien chroniqueur de CNews fait huer les journalistes par ses partisans.

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