Des documents confirment le rôle de Xi Jinping dans la répression au Xinjiang

De nouveaux documents rendus publics, lundi 29 novembre, confirment l’implication directe du président chinois, Xi Jinping, dans l’organisation de la répression de la minorité musulmane ouïgoure au Xinjiang, qualifiée de « génocide » par plusieurs Parlements occidentaux – notamment européens.

Ces documents ont été dévoilés par Adrian Zenz, un anthropologue allemand qui réside aux Etats-Unis où il travaille pour un think tank pour les « victimes du communisme ». Ils incluent des révélations émanant d’une source inconnue qui a transmis les informations au « tribunal ouïgour », une instance indépendante et informelle composé d’experts et d’avocats basée à Londres. Ces derniers ont à leur tour transmis les documents à Adrian Zenz pour expertise.

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Ces 317 pages de documents consistent surtout, selon M. Zenz, en l’apport de précisions aux révélations majeures faites en novembre 2019 par le New York Times (les « Xinjiang Papers « ). Pour M. Zenz, c’est la première fois que des documents classés top secret, émanant d’un chef d’Etat chinois, sont rendus publics. En novembre 2019, le Consortium international des journalistes d’investigation, dont Le Monde fait partie, avait publié d’autres fuites sur le Xinjiang, les « China Cables ».

Internements de masse

Selon l’analyse détaillée des 317 pages qu’Adrian Zenz a réalisée pour le tribunal et qu’il a soumise à deux autres experts avant publication, « le matériel apporte des preuves substantielles établissant un lien entre de nombreux aspects de la répression de Pékin au Xinjiang et des déclarations et des demandes faites par des membres du gouvernement central en 2014, incluant des internements de masse dans des camps de rééducation, la réduction de la pauvreté à travers des transferts de travail forcé, une “optimisation” de la distribution de la population par ethnies en augmentant la part de la population Han, la criminalisation de pratiques religieuses habituelles, l’obligation faite à des centaines de milliers de fonctionnaires han de “devenir membre de la famille” de la population ethnique, la mise en place de l’éducation en chinois dans des internats centralisés »…

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Ces documents datent d’avril 2014 à mai 2018. Comparant l’extrémisme religieux à une « drogue psychédélique puissante », Xi Jinping donne l’ordre en 2014 d’« arrêter ceux qui doivent être arrêtés et de condamner ceux qui doivent être condamnés ». De même, les documents montrent que près de trois millions de travailleurs ouïgours ruraux ont été transférés dans des industries de main-d’œuvre afin d’échapper à l’oisiveté et de ne pas être « facilement exploités par des malfaisants ». Si ces industries peuvent se situer au Xinjiang, il n’est pas exclu qu’elles le soient aussi dans le reste du pays. « Xi lui-même a appelé à ce que les citoyens [ouïgours] du Xinjiang se rendent dans l’est de la Chine pour étudier, travailler et habiter », écrit M. Zenz.

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