Covid-19 : la vague Omicron déferle sur l’Inde

Une troisième vague de contaminations au Covid-19 s’abat de manière fulgurante sur l’Inde. Le géant sud-asiatique a recensé, vendredi 7 janvier, 117 100 nouveaux cas et plus de 300 décès au cours des dernières vingt-quatre heures. En deux jours, les nouvelles contaminations ont doublé à travers le pays. A l’origine de cette recrudescence, le variant Omicron, dont les premiers cas ont été identifiés en Inde le 2 décembre dernier. Le virus fait actuellement rage dans les grands centres urbains, comme New Delhi, Calcutta ou encore Bombay. Cette dernière, capitale financière du pays, a enregistré à elle seule plus de 20 000 nouveaux cas jeudi, un chiffre encore jamais atteint depuis le début de la pandémie.

Face à l’augmentation exponentielle du nombre de contaminations, les restrictions se multiplient. New Delhi, la capitale, qui a enregistré, jeudi, plus de 15 000 nouvelles infections en une seule journée, se confinera vendredi soir à partir de 22 heures, jusqu’à lundi matin 5 heures. Les 20 millions d’habitants de la mégalopole indienne vivaient déjà aux rythmes des couvre-feux nocturnes depuis fin décembre, tout comme les habitants des Etats du Karnataka (sud), du Pendjab (nord) ou encore du Bengale-Occidental (est). « Les couvre-feux nocturnes et les confinements les week-ends ne sont pas pertinents d’un point scientifique », regrette pourtant Chandrakant Lahariya, épidémiologiste et expert en santé publique, qui préconise des mesures plus localisées et un message plus clair à l’attention du public.

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Au cours des dernières semaines, les dirigeants indiens n’ont cessé d’envoyer des signaux contradictoires. A l’approche d’élections-clés dans plusieurs Etats, des dizaines d’hommes politiques – y compris le premier ministre, Narendra Modi – ont participé à des méga-événements politiques. Dans ces foules comme sur les scènes, les gestes barrières n’étaient pas, ou peu, respectés. Après avoir tenu, sans masque, un rassemblement de campagne dans l’Etat de l’Uttarakhand, Arvind Kejriwal, le chef de l’exécutif de New Delhi, a été diagnostiqué positif au SARS-CoV-2, mardi. « C’est irresponsable de leur part. Ce sont nos leaders, ils doivent mettre en pratique ce qu’ils prêchent s’ils veulent que la population suive les règles », peste Inderjit Singh, un commerçant de la capitale indienne, derrière ses deux masques.

Rassemblements politiques

Quelques mois à peine après la terrible vague Delta qui a terrassé le pays au printemps, les souvenirs des patients à bout de souffle devant les hôpitaux et des bûchers funéraires incessants sont encore à vif. « Ici, c’était l’enfer sur terre », se remémore Inderjit Singh. A l’époque déjà, les responsables indiens avaient choisi d’ignorer les règles qu’ils imposaient d’un côté, pour autoriser d’immenses rassemblements politiques et religieux de l’autre. Mais jeudi, face à la multiplication des critiques et à la brusque augmentation du nombre de cas, plusieurs événements politiques ont finalement été annulés.

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