Chine : le Parti communiste adopte une résolution sur l’histoire du parti consolidant le pouvoir de Xi Jinping

C’est sans surprise que le Parti communiste chinois (PCC) a adopté, jeudi 11 novembre, un texte qui a encore élevé la stature du président Xi Jinping parmi les icônes du pays. Le sixième plénum du dix-neuvième comité central du Parti communiste chinois a approuvé une résolution sur « les grandes réussites » du mouvement fondé en 1921. Dithyrambique, le texte publié par l’agence Chine nouvelle affirme que le PCC, qui gouverne le pays d’une main de fer depuis soixante-douze ans, a écrit « l’épopée la plus magnifique de l’histoire de la nation chinoise sur des millénaires ».

Dans un pays où l’histoire est traditionnellement utilisée pour légitimer le pouvoir, Xi Jinping a profité de cette résolution pour se présenter en héritier incontestable du régime. Depuis son arrivée au pouvoir en 2012, « le socialisme à la chinoise est entré dans une nouvelle ère », selon un extrait de la résolution diffusé par l’agence de presse officielle. La « pensée » de l’homme fort de Pékin « est la quintessence de la culture et de l’âme chinoises », poursuit le texte. La présence de Xi Jinping au « cœur » du parti au pouvoir « est d’une importance décisive (…) pour promouvoir le processus historique du grand renouveau de la nation chinoise ».

Xi Jinping est souvent qualifié de plus puissant dirigeant chinois depuis le fondateur du régime, Mao Zedong (1949-1976). En juillet dernier, en costume Mao, il avait solennellement célébré l’anniversaire de la fondation du parti sur l’immense place Tiananmen à Pékin.

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Mao Zedong, Deng Xiaoping et Xi Jinping

Durant son siècle d’existence, le PCC n’avait jusqu’à présent adopté que deux résolutions sur son histoire, à chaque fois avant l’ouverture d’une nouvelle page politique. La première, en 1945, avait renforcé l’autorité de Mao Zedong quatre ans avant l’arrivée au pouvoir des communistes. La deuxième, en 1981, avait donné à Deng Xiaoping, au moment où il lançait les réformes économiques, l’occasion de tourner la page du maoïsme, en reconnaissant les « erreurs » du Grand Timonier. En faisant adopter un troisième texte, Xi Jinping met ses pas dans ceux de ses deux illustres prédécesseurs, afin de mieux ouvrir une nouvelle page à son nom.

Depuis son accession au poste de secrétaire général du PCC en 2012, puis de président de la République populaire l’année suivante, il n’a cessé de centraliser le pouvoir entre ses mains. En 2018, il a fait modifier la Constitution pour pouvoir rester à la tête du pays au-delà de la limite de deux mandats. Sa « pensée » a également été inscrite dans la loi fondamentale, à l’instar de celle de Mao. Son ascension s’est accompagnée d’un tour de vis envers toute forme de contestation, que ce soit à Hongkong ou dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, à majorité musulmane. Il est désormais auréolé de la « victoire » chinoise contre le coronavirus, même si des flambées sporadiques se manifestent encore dans le pays où l’épidémie s’est déclarée fin 2019.

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Recomposition du pouvoir

Le conclave a vraisemblablement donné lieu à des tractations en coulisses, à un an de l’entrée en fonction d’une nouvelle équipe dirigeante lors du prochain congrès. Il ne fait guère de doute que Xi Jinping sera reconduit à l’automne 2022 pour un troisième mandat (du jamais vu depuis la fin de l’ère Mao), même s’il vient d’atteindre l’âge limite de 68 ans traditionnellement imposé aux dirigeants chinois. Plusieurs d’entre eux devraient en revanche prendre leur retraite, dont le premier ministre Li Keqiang.

Le comité permanent du bureau politique du parti pourrait, lors du congrès quinquennal de l’an prochain, passer de sept à cinq membres, « ce qui accroîtrait encore l’autorité de Xi » au sein de ce cénacle qui détient la réalité du pouvoir, suppose le politologue dissident Wu Qiang.

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Le Monde avec AFP

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