Chine : l’argent sale de Macao dans le viseur des autorités centrales

Le nouveau « roi des paris » de la région administrative spéciale de Macao (Chine), Alvin Chau, PDG et actionnaire majoritaire de l’opérateur de voyages de loisirs Suncity, a été placé en détention provisoire, lundi 29 novembre, ainsi que quatre de ses associés, après plus de quatorze heures d’interrogatoire qui ont, selon la presse locale, abouti à des aveux. Les cours des six casinotiers de Macao, cotés à Hongkong (Wynn, SJM, Sands, MGM, Melco et Galaxy), a chuté de 5 à 10 % sur la journée, emportant près de 5 milliards de dollars (4,4 milliards d’euros).

Les détenus sont accusés d’avoir organisé des paris en ligne à partir de plates-formes basées à l’étranger – notamment aux Philippines – accessibles aux joueurs de Chine continentale (le reste du territoire chinois), où les jeux d’argent sont interdits. Ils auraient par ce biais facilité des opérations de blanchiment d’argent. « Le groupe utilisait les comptes en banque de sociétés de Macao pour faire transiter des fonds par [des] réseaux clandestins », indique le document publié par le procureur général de Macao.

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Le porte-parole de la police, Chong Kam Leong, a précisé que la police de Macao enquêtait sur les activités illégales de Suncity depuis août 2019. Alvin Chau était déjà, depuis 2019, interdit de séjour en Australie, où les autorités le soupçonnaient « d’activités de blanchiment à grande échelle », selon un rapport du Jockey Club de Hongkong datant de 2017. Ces arrestations ont eu lieu moins de vingt-quatre heures après un mandat d’arrêt lancé contre Alvin Chau par les autorités judiciaires de la ville de Wenzhou, dans la province du Zhejiang, à plus de 1 000 kilomètres au nord-ouest de Macao, en Chine continentale.

La police de Wenzhou l’accuse de « diriger une organisation criminelle, forte de 12 000 agents dont la mission était de faire la promotion des jeux d’argent », qui « cause de graves dommages à l’ordre social du pays ». Le syndicat aurait ainsi recruté 80 000 parieurs en Chine. La coïncidence entre le mandat d’arrêt émis par la Chine et le coup de filet de la police de Macao permet de penser que la décision de passer à l’acte dans la région administrative spéciale a sans doute été prise en Chine.

Sinistre réputation

L’épisode semble donc confirmer l’impatience des autorités centrales chinoises à éradiquer de leur minuscule région le blanchiment d’argent sale en provenance de Chine par le biais des jeux d’argent, en visant spécifiquement les « junkets », des agents qui servent d’intermédiaires entre les gros joueurs et les casinos et dont les liens avec les triades sont connus. Les « junkets » identifient et démarchent ces clients en Chine continentale et s’occupent ensuite de tout pour eux : leur voyage jusqu’à Macao, en jet privé ou en hélicoptère si besoin, leur hôtel grand luxe, et l’accès aux tables de jeu les plus exclusives.

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