Chaos et déboires en série à l’aéroport de Berlin

LETTRE DE BERLIN

C’était il y a un an, le 31 octobre 2020. Ce jour-là, avec huit ans de retard par rapport à la date prévue, Berlin inaugurait son nouvel aéroport. A l’époque, tout le monde espérait qu’une page était tournée et que cet équipement flambant neuf baptisé du nom de l’ancien chancelier Willy Brandt, dont l’ouverture avait été six fois annoncée et six fois reportée, allait enfin cesser d’être un objet de risée nationale.

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C’était une erreur. Un an plus tard, le fiasco est total. Le week-end du 9 octobre, l’augmentation du trafic lié au début des vacances d’automne à Berlin et dans le Land voisin du Brandebourg a provoqué un véritable chaos : soumis à des attentes interminables aux comptoirs d’enregistrement et aux contrôles de sécurité, de nombreux passagers ont raté leur avion. Au point que la Lufthansa a conseillé à ses clients d’arriver à l’aéroport Willy-Brandt non pas deux, mais quatre heures avant le départ de leur vol…

Depuis, l’aéroport a connu d’autres déboires. Mardi 2 novembre, des germes fécaux ont été découverts dans l’eau – censée être potable – coulant des robinets des toilettes. Vendredi 5 novembre, le trafic a été totalement désorganisé pendant plus d’une demi-journée après le déclenchement d’un détecteur de fumée dans des toilettes où quelqu’un avait allumé une cigarette. Des centaines de passagers qui se trouvaient déjà en zone d’embarquement ont dû passer les contrôles de sécurité une seconde fois, ce qui a provoqué des retards de plusieurs heures au décollage, et même l’annulation de certains vols. L’incident a aussi eu des conséquences sur les arrivées, certains voyageurs ayant dû attendre leurs bagages pendant plus de cinq heures après l’atterrissage de leur avion.

Une situation financière catastrophique

Pour la société gestionnaire de l’aéroport (FBB), ce dernier épisode ne pouvait plus mal tomber. C’est en effet ce même 5 novembre que sa présidente, Aletta von Massenbach, a remis au ministère fédéral des transports le rapport que celui-ci lui avait commandé après le week-end noir du début des vacances d’automne.

Dans ce document de quatre pages, la FBB reconnaît – avec un certain art de l’euphémisme – que la situation « n’est pas optimale » mais explique que les perturbations qui ont eu lieu en octobre sont d’abord liées aux circonstances : ayant tourné au ralenti depuis son ouverture, en pleine seconde vague de la pandémie de Covid-19, le nouvel aéroport n’était pas organisé pour faire face à l’augmentation du trafic enregistrée en ce début d’automne. Evoquant des besoins supplémentaires en personnel, la direction promet une « évaluation des capacités de contrôles de sécurité », une « amélioration des installations sanitaires » et une « reconfiguration du hall d’enregistrement ». Est aussi cité le manque criant de taxis à cause d’un conflit concernant l’octroi de licences entre le Land de Berlin et l’arrondissement du Brandebourg, où se trouve l’aéroport.

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Chaos et déboires en série à l’aéroport de Berlin

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