Au Royaume-Uni, Boris Johnson fragilisé par un revers électoral

Encore une mauvaise nouvelle pour Boris Johnson : le Parti conservateur, dont le premier ministre est le chef de file, a reçu une claque électorale jeudi 16 décembre, lors d’une élection partielle dans le North Shropshire, une circonscription rurale de l’ouest des Midlands, aux mains des tories depuis presque deux siècles. C’est la candidate libérale-démocrate Helen Morgan, 46 ans, comptable de profession, qui a remporté le vote avec 6 000 voix d’avance sur le candidat conservateur, Neil Shastri-Hurst. Elle a exploité avec succès le discrédit dont souffrent M. Johnson et son parti, après une longue série de scandales et de faux pas politiques.

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Les électeurs de la circonscription « ont été consternés par le manque de décence » du premier ministre, a affirmé Mme Morgan à l’annonce des résultats, vendredi. « Les gens du North Shropshire ont parlé au nom de tous les Britanniques. Ils ont dit haut et fort : Boris Johnson, la fête est finie. (…) Les autres premiers ministres, eux, avaient le sens de l’intérêt national, mais avec Boris Johnson, ce qui compte c’est toujours lui et jamais les autres. Notre pays réclame un nouveau leader. M. Johnson, vous n’êtes pas un leader », a ajouté la jeune femme, sans ménager ses coups.

Cette circonscription était tenue depuis 1997 par Owen Paterson, un brexiter proche du premier ministre, qui a dû démissionner de la Chambre des communes en novembre, après avoir été sanctionné par la commission parlementaire en charge de l’éthique pour avoir vendu des services de lobbying en se servant de sa position d’élu. Sa cause était indéfendable, mais Boris Johnson a tout de même tenté de forcer la main des élus conservateurs en imposant un vote au Parlement pour faire suspendre la sanction contre M. Paterson – et, au passage, pour tenter d’affaiblir les pouvoirs de la commission d’éthique.

Fêtes à Downing Street en plein confinement

La manœuvre était grossière. Elle a consterné au sein des tories et M. Johnson a dû y renoncer en quelques heures. Mais elle a déclenché une attention inédite des médias à l’égard des pratiques discutables d’un grand nombre d’élus conservateurs cumulant, en plus de leurs postes de députés aux confortables rémunérations, des prestations de services souvent très lucratives.

Depuis début décembre, les révélations s’enchaînent, aussi, sur des fêtes organisées à Downing Street ou au siège du Parti conservateur, fin 2020, alors qu’à l’époque, les Britanniques étaient interdits de rassemblements. Si M. Johnson s’entête à nier l’existence de ces fêtes, les preuves s’accumulent. Dernier scoop en date : jeudi, le Guardian, affirmait, citant des sources anonymes, que le premier ministre avait participé à un pot avec ses collègues le 15 mai 2020 à Downing Street, en plein confinement. Même Justin Welby, l’archevêque de Canterbury et primat de l’Eglise anglicane, s’est dit « déçu » au micro de la BBC.

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