July 24, 2021

Recep Tayyip Erdogan déterminé à assurer la sécurité de l’aéroport de Kaboul

Alors que les États-Unis et leurs alliés s’apprêtent à quitter l’Afghanistan après vingt ans de guerre, la Turquie entend y rester pour sécuriser l’aéroport international Hamid-Karzaï de Kaboul, principale voie d’accès au pays pour les diplomates et les humanitaires occidentaux.

Assurer la sécurité de ce point d’entrée stratégique est considéré comme une priorité alors que les troupes américaines reculent et que les talibans gagnent du terrain chaque jour. Les forces turques sont déjà responsables de la sécurité des aéroports dans le cadre de leur mission au sein de l’OTAN. La Turquie est prête à maintenir cette présence en échange du soutien logistique et financier de ses alliés.

Selon le président turc Recep Tayyip Erdogan, Washington et Ankara se sont mis d’accord sur les modalités du maintien d’une force turque de 500 hommes sur place. Avec cette initiative, le chef de l’Etat turc espère redorer son blason auprès de l’administration américaine, notamment depuis l’achat de missiles S-400 de fabrication russe.

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Le seul inconvénient est que les talibans ne sont pas favorables à la présence turque. Ces derniers mois, ils ont averti à plusieurs reprises Ankara de son projet de sécuriser l’aéroport de Kaboul, affirmant que les soldats turcs, bien que représentant « Une grande nation islamique », sont « occupants » comme les autres et que, comme les Américains et leurs alliés, ils doivent partir.

Renforcer le rôle d’Ankara

Lundi 19 juillet, M. Erdogan a relativisé ces menaces, expliquant que les talibans n’avaient pas dit « Qu’ils ne voulaient pas de la Turquie ». Donneur de leçons, il ordonna aux guérilleros intégristes de “Mettre fin à l’occupation du pays et montrer au monde entier que la paix règne en Afghanistan”. « Nous appelons les talibans : mettez fin à cette occupation », il a insisté.

Selon lui, des discussions ont lieu en ce moment « Que ce soit au niveau du ministère des Affaires étrangères ou au [son] niveau “ pour aplanir les réticences des talibans. « On essaie de voir quelles discussions on peut avoir et où ces échanges peuvent nous mener », a-t-il déclaré lundi aux journalistes avant de partir pour la République turque de Chypre du Nord (RTCN, reconnue par Ankara uniquement).

Sans accord préalable avec les talibans, la Turquie, qui maintient sur place plusieurs centaines de soldats dans le cadre de l’OTAN, aura du mal à mener à bien sa mission. Les risques sont évidents. En passe de redevenir maîtres du pays, les talibans pourraient viser l’aéroport à distance avec des tirs de mortier ou de roquette.

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