July 24, 2021

le parquet de Paris ouvre une enquête pour espionnage de journalistes de “Mediapart”

Le parquet de Paris a ouvert, mardi 20 juillet, une enquête sur l’espionnage des téléphones de deux journalistes de Mediapart par un service de renseignement marocain, en utilisant le logiciel israélien Pegasus. « Les numéros de portables de Lénaïg Bredoux et Edwy Plenel [cofondateur du site] font partie des dix mille que les services secrets marocains ont ciblés à l’aide de logiciels espions fournis par la société israélienne NSO », a écrit Mediapart dans un article publié lundi.

Cette enquête a été ouverte pour une longue liste de dix infractions dont ” violation de la vie privée “, “Interception de correspondance”, « Accès frauduleux » à un système informatique et ” complot “. Il fait suite à la plainte déposée lundi par le site Mediapart, à laquelle doit s’ajouter une plainte similaire du Canard enchaîné.

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L’enquête cible également d’autres violations du système informatique, telles que la saisie, l’extraction et la transmission frauduleuses de données, qui peuvent potentiellement être imputées aux utilisateurs de Pegasus.

Il concerne également le « Mise à disposition et possession de matériel » permettant des attaques sur un système de données ainsi que « L’offre et la vente sans autorisation d’un dispositif de saisie de données », qui ciblent cette fois potentiellement la commercialisation du logiciel et les intermédiaires impliqués. Les enquêtes ont été confiées à l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication, a précisé le parquet.

180 journalistes espionnés

Le logiciel Pegasus peut aspirer tout le contenu d’un téléphone sans que le propriétaire sache qu’il a été piraté. Il vous permet de récupérer des messages, des photos, des contacts et même d’écouter les appels de son propriétaire. Pegasus a été conçu par la société israélienne NSO Group, qui le vend exclusivement aux États.

Un consortium de 17 médias internationaux – dont Le monde – coordonné par l’équipe de Histoires interdites a pu consulter, avec le soutien d’experts d’Amnesty International, une liste de plus de 50 000 numéros de téléphone sélectionnés comme cibles potentielles de Pegasus depuis 2016 pour le compte de dix États. Selon l’enquête du consortium, le logiciel Pegasus aurait permis d’espionner les nombres d’au moins 180 journalistes, 600 politiciens, 85 militants des droits humains ou encore 65 chefs d’entreprise de différents pays.

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Plusieurs médias dont Le monde, Le gardien et Le Washington Post et plusieurs journalistes et patrons de médias français sont parmi d’autres victimes sur la liste des cibles de Pegasus. Le Canard enchaîné, lui, aurait été visé notamment via son ancienne collaboratrice Dominique Simonnot, désormais contrôleur général des lieux de privation de liberté, qui a également annoncé qu’elle irait personnellement en justice.

Les révélations ont suscité l’indignation des organisations de défense des droits humains, des médias et des dirigeants politiques du monde entier. NSO, régulièrement accusé de jouer le jeu des régimes autoritaires, assure que ses logiciels ne sont utilisés que pour obtenir des informations contre des réseaux criminels ou terroristes.

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Le monde