July 24, 2021

“La démocratie n’est pas un acquis et nous devons la nourrir”

Affaire Pegasus, loi hongroise anti-LGBT, zones sans LGBT en Pologne, meurtre d’un journaliste aux Pays-Bas… L’Etat de droit en Europe n’est pas acquis. Alors que la Commission publie mardi 20 juillet son deuxième rapport sur la question afin d’évaluer sa pratique pays par pays au sein de l’Union européenne (UE), la vice-présidente Vera Jourova livre au Monde son analyse de la situation.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, juge « inacceptables » – si elles étaient avérées – les révélations faites dans le cadre de l’affaire Pegasus sur les pratiques de la Hongrie, qui espionnait les journalistes. Que peut faire la Commission ?

Nous devons analyser cette affaire, que nous avons découverte dans la presse. Et voyez si cela viole le droit européen. Si tel est le cas, nous lancerons une procédure d’infraction contre la Hongrie. À première vue, il me semble que la protection des données privées n’a pas été respectée.

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La liberté de la presse est-elle en danger en Europe ?

Nous devons faire plus pour la liberté de la presse. La Commission n’a pas beaucoup de compétence dans ce domaine, mais la situation des médias en Europe s’aggrave, qu’il s’agisse de la sécurité des journalistes, de la situation économique de la presse ou des pressions politiques dont ils font l’objet. La Commission veut tirer le meilleur parti des outils à sa disposition et renforcer ses pouvoirs.

C’est-à-dire ?

En septembre, je ferai des recommandations aux États membres pour mieux protéger leurs journalistes. Je ne m’y attendais pas mais les journalistes sont de plus en plus attaqués, sur Internet, mais aussi dans les manifestations ou dans la vie. Le dernier exemple en date est l’assassinat tragique du journaliste néerlandais Peter R. de Vries. Les États membres doivent assurer la sécurité de tous leurs citoyens.

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Puis, avant la fin de l’année, la Commission proposera une directive, donc une législation, afin de protéger les journalistes et les militants des droits de l’homme victimes de bâillons, qui sont lancés par des puissants contre les médias pour leur faire payer et les décourager. Et, début 2022, la Commission présentera une loi pour la liberté des médias.

Il s’agit de donner un statut à ceux qui sont les piliers de la démocratie. Aujourd’hui, nous protégeons les journalistes en tant que citoyens ordinaires. Nous ne prenons pas en compte leur rôle dans la société. Cela doit changer. La sécurité, nous en avons parlé. Cette législation visera également à accroître la transparence, afin de mieux comprendre qui contrôle quels médias.

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