July 24, 2021

Enquête ouverte à la suite de menaces de mort contre des députés ayant soutenu le laissez-passer sanitaire

Ils sont menacés pour leur soutien aux mesures vaccinales gouvernementales et à la mise en place du laissez-passer sanitaire. Le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert, mardi 20 juillet, une enquête pour « Menaces de mort contre les personnes investies d’une fonction publique », reçu pendant une semaine par les députés.

Le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, a annoncé jeudi avoir signalé au parquet ces tentatives d’intimidation de parlementaires, dont certains ont eux-mêmes déposé plainte, a précisé le parquet. Les enquêtes ont été confiées à la brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP).

Lisez notre éditorial : Crise sanitaire : l’engagement de tous, un enjeu clé

« Le président de l’Assemblée nationale constate que plusieurs députés ont fait l’objet de menaces de mort en raison de leur soutien à la stratégie vaccinale présentée » le 12 juillet par le président Emmanuel Macron pour lutter contre une recrudescence de l’épidémie de Covid-19, a-t-il annoncé jeudi dans un communiqué. “Il ne peut être toléré qu’un représentant de la nation fasse l’objet de tentatives d’intimidation visant à entraver l’exercice” de son mandat élu, poursuit le communiqué, en espérant que « Les auteurs de ces actes antidémocratiques répondent devant la justice ».

“C’est de vraies balles que tu vas prendre”

Le communiqué ne donne pas les noms des parlementaires menacés, ni leur nombre, ni plus de détails sur ces menaces et leur origine. Mais le député de l’Hérault Patrick Vignal (La République en marche, LRM) a indiqué à l’Agence France-Presse avoir fait l’objet de menaces par mail de la part d’une personne se faisant passer pour “Militaire” et prétendant vouloir le prendre pour “Cible”.

“Moi-même armé, je n’hésiterais pas à faire ce que tout bon défenseur de la nation doit faire pour mettre fin à ces lois, car nous n’aurions pas d’autres solutions si cela continue”, écrit l’auteur anonyme du message qui prétend avoir constitué un « Liste de nombreux députés » et brandit la menace de “Mettre un prix” le chef d’Emmanuel Macron et plusieurs ministres.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Covid-19 : l’extrême droite relève le défi du pass sanitaire

Plusieurs autres députés LRM, notamment Patricia Mirallès (Hérault), Alexandre Freschi (Lot-et-Garonne) et Jean-Marc Zulesi (Bouches-du-Rhône), ont publié sur les réseaux sociaux certains messages reçus. “Dire (sic) c’est aux autres députés de bien voter car désormais vous allez prendre de vraies balles (je suis armé), faites attention où vous allez. Vous ne nous injecterez jamais le vaccin », souligne le message cité par M.moi Mirallès, qui juge cette menace, qui ne“Ne pas intimider”, “Très dérangeant”.

« Tout cela dénote une République fragile », a relevé le député Bruno Questel (LRM), également destinataire de menaces. Cela appelle à montrer “La pédagogie” vis-à-vis de la plupart des réfractaires aux vaccins, mais il considère que, pour un “Minorité”, c’est possible ” peine perdue “.

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a écrit vendredi soir aux préfets et à la police pour leur demander de renforcer les mesures de protection envers les élus dans le cadre des mobilisations anti-vaccin.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Pass santé : pourquoi l’exécutif a baissé ses ambitions

Le ministre a demandé à «Renforcer la surveillance autour des bureaux des parlementaires ainsi que de leurs domiciles si nécessaire» ou contacter les parlementaires et élus pour « Leur rappeler les étapes à suivre en cas d’incident ».

Tensions antérieures

Ce vendredi-là, une quinzaine de manifestants anti-vaccins avaient envahi le bureau du président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand (LRM), à Châteaulin (Finistère), avant d’être mis en fuite par une patrouille de gendarmerie.

Lire aussi Doubs : plainte déposée suite à une coupure de courant « ciblée » dans un centre de vaccination

En Isère et dans les Pyrénées-Atlantiques, des centres de vaccination ont été vandalisés et incendiés ce week-end. Samedi, près de 114.000 personnes, dont 18.000 à Paris, ont manifesté dans toute la France contre les récentes mesures gouvernementales, critiquant la prolongation du pass sanitaire, l’obligation de vacciner les soignants ou encore la « La dictature de la santé ».

Le port de l’étoile jaune par certains de ces manifestants a suscité l’indignation générale. La députée (ex-LRM) du Bas-Rhin Martine Wonner avait également provoqué un tollé dans la majorité en incitant samedi les manifestants à « Faire le siège des parlementaires » et à “Envahissez leurs bureaux pour dire que vous n’êtes pas d’accord”.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Covid-19 : tensions autour du projet de loi santé

Le monde avec l’AFP