July 24, 2021

Pourquoi le Tour de France 2021 a-t-il été l’un des plus difficiles de l’histoire ? – Édition soirée Ouest-France

Le 18 juillet, après trois semaines de course, le Slovène Tadej Pogacar a remporté son deuxième Tour de France. Un succès foudroyant, au terme d’une Grande Boucle parcourue à un rythme infernal, dans des conditions climatiques parfois extrêmes et marquées par des chutes en cascade. De quoi en faire l’une des éditions les plus éprouvantes de l’histoire.

Le 108e édition du Tour de France s’est achevée dimanche soir sur les Champs-Élysées. Au terme des 3 414 km de course, le Slovène Tadej Pogacar a remporté la Grande Boucle pour la deuxième fois de sa carrière, à tout juste 22 ans. Une sacrée performance, surtout au terme d’un des Tour les plus éprouvants pour les coureurs, depuis plusieurs décennies. Voici les principales raisons.

Le peloton n’avait (presque) jamais roulé aussi vite

La vitesse moyenne est toujours l’un des chiffres les plus scrutés lorsque les coureurs franchissent une dernière fois la ligne d’arrivée sur les Champs-Élysées.

Si cela ne peut être interprété séparément – ​​les conditions météorologiques, la présence de plusieurs contre-la-montre ou le nombre d’étapes de montagne ont également une grande influence sur la vitesse finale – cela indique néanmoins une tendance globale. . Pourtant, en 2021, force est de constater que le Tour de France s’est déroulé à une vitesse vertigineuse.

Quant aux chiffres bruts : Tadej Pogacar a parcouru les 3 414 kilomètres du parcours en 82 heures, 56 minutes et 36 secondes. Soit une vitesse moyenne de 41,165 km/h. Le Tour 2021 était donc le deuxième plus rapide de l’histoire, après celui de 2005 (édition non attribuée après le déclassement de Lance Armstrong).

Tadej Pogacar a roulé à une vitesse moyenne de 41,165 km/h lors de ce Tour de France (Photo : Anne-Christine Poujoulat / AFP)

Selon les coureurs eux-mêmes, ce Tour de France s’est déroulé à “Cent par heure”. Même sur les soi-disant marches de ” transition “, la bataille a souvent été longue pour que l’échappée émerge. Cela a considérablement augmenté le rythme pendant la première heure de course chaque jour. Enfin, la première semaine, avec plusieurs étapes vallonnées privilégiant les courses en mouvement, comme celle entre Vierzon et Le Creusot, a été particulièrement éprouvante. Vainqueur ce jour-là, Matej Mohoric a bouclé les 249 kilomètres en 45,5 km/h. Sans aucun temps d’arrêt ! Époustouflant.

Les chutes de la première semaine ont laissé leur empreinte

Ils étaient surtout l’apanage des premiers jours de course, avant de se tarir une fois la Bretagne passée. Les chutes sont l’un des temps forts de cette Grande Boucle 2021. Avec 42 abandons au total – qui s’explique aussi par des retards et quelques désistements volontaires pour préparer les Jeux Olympiques – le Tour 2021 était aussi le plus sélectif depuis celui de 2012 (45 désistements).

Si les chutes ont fait tant parler cet été, cela s’explique par leur ampleur et leur gravité. Lors de la première étape entre Brest et Landerneau, le désormais trop célèbre supporter à l’enseigne a déséquilibré le coureur allemand Tony Martin, créant un énorme chaos dans lequel plus d’une cinquantaine de coureurs ont pris le sol. Un peu plus loin lors de l’étape inaugurale, plusieurs dizaines d’autres coureurs sont également tombés.

Deux jours plus tard, l’étape entre Lorient et Pontivy était également jalonnée de boules en cascade. Primoz Roglic, favori et finalement contraint à l’abandon, Geraint Thomas ou encore Caleb Ewan et Arnaud Démare, du côté des sprinteurs, ont été meurtris dans leurs chairs. Impliqué dans une chute spectaculaire à 200 mètres de la ligne, Ewan a quitté la course le troisième jour. Une accumulation qui a également poussé les coureurs du peloton à faire un mouvement de protestation au départ de la 4e étape entre Redon et Fougères.

Le peloton a débarqué au départ de la 4e étape entre Redon et Fougères pour exprimer son mécontentement quant aux mesures mises en place pour la sécurité des coureurs. (Photo : Benoit Tessier / Reuters)

Si tous les coureurs qui ont débarqué n’ont pas été contraints à l’abandon, certains ont été définitivement affectés et ont dû faire face à leur douleur jusqu’à l’arrivée à Paris.

La pluie, le froid glacial et la chaleur extrême

A peine 4°C sur la ligne d’arrivée à Tignes, célèbre station des Alpes perchée à plus de 2000 mètres d’altitude. A la fin du 9e étape, disputée la veille du premier jour de repos de la course, les coureurs ont coupé la ligne figée, le visage marqué par les conditions extrêmes de la journée. La pluie battante tout au long du parcours, des températures dignes d’une fin d’hiver. Le peloton, dans son ensemble, a bouclé cette première séquence du Tour complètement épuisé.

Après dix jours où le mercure n’aura jamais dépassé la barre des 20°C, les coureurs se sont dirigés vers le sud et se sont approchés de l’arc méditerranéen et de ses températures estivales associées. La deuxième partie du Tour s’est déroulée par temps très chaud. Plusieurs étapes ont été courues avec des températures proches de 35°C, notamment dans certaines vallées pyrénéennes. Un changement radical qui n’est pas toujours facile à appréhender pour les coureurs.

La dernière fois entre Libourne et Saint-Emilion, remportée par Wout van Aert (photo), s’est déroulée par temps très chaud. (Photo : Tim van Wichelen / PISCINE / EPA / MAXPPP)

« Avec la chaleur, c’était assez dur, confiait par exemple Edward Theuns (Trek-Segafredo), échappé au cours du 19e marcher. Je ne comprends pas la règle du conteneur à moins de 20 kilomètres, surtout avec ce temps ». La dernière fois, entre Libourne et Saint-Émilion, remportée par le Belge Wout van Aert, a également été marquée par une très forte chaleur. Jusqu’au bout, rien n’aura été épargné aux coureurs lors de ce Tour de France 2021. Une édition dans laquelle Tadej Pogacar s’est, une fois de plus, montré le plus fort.