July 24, 2021

le Premier ministre sur la sellette pour une gestion « calamiteuse » de la pandémie de Covid-19

Les manifestations antigouvernementales en Thaïlande, qui visent l’oligarchie militaro-monarchiste au pouvoir depuis un an, se concentrent désormais contre le Premier ministre Prayuth Chan-ocha alors que le royaume fait face depuis quelques semaines à un pic de contamination sans précédent depuis l’apparition de la pandémie de Covid-19. Des centaines de personnes se sont à nouveau rassemblées à Bangkok, dimanche 18 juillet, pour exiger la démission du chef du gouvernement mais aussi pour exiger qu’un approvisionnement suffisant en vaccins à ARN messager soit immédiatement garanti.

Le nombre de manifestants dominicaux, rassemblés autour de leur « socle » fétiche du « monument à la démocratie », reste modeste. Le malaise n’en est pas moins réel chez une part croissante de la population. Depuis des mois, la Thaïlande était épargnée par le Covid-19, notamment en raison de mesures très strictes imposées en termes de surveillance épidémiologique et de restrictions de déplacements.

L’un des pays les plus exposés d’Asie

Jusqu’en avril, un peu plus de trois cents personnes étaient mortes de la maladie et, pendant des mois, aucun décès n’était à déplorer alors que le niveau de contamination restait très faible, pour ne pas dire nul. La réalité est désormais bien différente : plus de trois mille décès – dix fois plus en moins de trois mois – plus de dix mille cas positifs par jour et des pics de mortalité s’élevant à plus d’une centaine par jour. La Thaïlande est devenue l’un des pays les plus exposés d’Asie.

Lire aussi Covid-19 dans le monde : la variante Delta s’inquiète, la Thaïlande met en place des restrictions

Autre motif d’inquiétude et de colère : l’essentiel de la vaccination est assuré par le vaccin chinois Sinovac, réputé beaucoup moins efficace contre les variants, et par Astra Zeneca. Cependant, le nombre de doses de celui-ci, produit par une société appartenant au roi, est pour l’instant insuffisant. À peine trois millions de personnes ont jusqu’à présent reçu deux doses de vaccins sur une population de près de soixante-dix millions…

« La conception mal pensée d’une stratégie [gouvernementale de contrôle de la pandémie] peut maintenant être appelé une calamité nationale », tonne, dans une tribune du quotidien anglophone Bangkok Post, le politologue Thitinan Pongsudhirak, directeur de l’Institut de sécurité et d’études internationales à la faculté des sciences politiques de Chulalongkorn. “ Alors que le mouvement [pro démocratique] menée par la jeunesse réclame des réformes politiques, des changements plus fondamentaux pourraient à l’avenir être la conséquence de la gestion désastreuse du Covid, source de décès, de difficultés quotidiennes et de frustration collective », poursuit l’intellectuel qui demande « l’ouverture d’une enquête « Visant à forcer le gouvernement à » redevable ».

Il vous reste 44,28% de cet article à lire. Le reste est réservé aux abonnés.