July 28, 2021

L’attentat à la bombe contre le marché de Bagdad en Irak fait au moins 28 morts à la veille de l’Aïd

Une trentaine de personnes ont été tuées et des dizaines blessées lundi 19 juillet dans une attaque revendiquée par le groupe Etat islamique sur un marché populaire de la banlieue chiite de Bagdad, à la veille de la fête musulmane de l’Aïd al-Adha. Dans un message publié quelques heures après l’attaque de sa chaîne Telegram, l’Etat islamique a affirmé qu’un de ses kamikazes avait déclenché sa ceinture d’explosifs, « Faisant 30 morts et 35 blessés ».

Il s’agit du deuxième attentat revendiqué par l’Etat islamique depuis le début de l’année dans la capitale irakienne. L’explosion s’est produite lundi en fin d’après-midi dans l’un des marchés populaires de Sadr City, un immense quartier chiite défavorisé de l’est de Bagdad, où de nombreuses personnes ont afflué pour faire leurs courses à la veille de la plus importante fête musulmane, l’Aïd al-Adha ou fête du sacrifice.

Selon des sources sécuritaires et médicales, le bilan oscille entre 28 et 35 morts, dont une quinzaine de femmes et d’enfants, et entre 30 et 50 blessés. Des morceaux de corps, des sandales jonchaient le sol au milieu des étals dévastés, et des traces de sang étaient visibles partout, a constaté un photographe de l’AFP.

Étals ravagés, commerçants stupéfaits

Des Irakiens allument des bougies sur les lieux d'une explosion dans un marché de Sadr City le 19 juillet 2021.

Sur place, la police et les équipes médico-légales ont interrogé des témoins, tandis que des habitants se sont rassemblés et ont allumé des bougies sur les lieux du drame. Une vidéo postée sur les réseaux sociaux montre le chaos qui régnait quelques minutes après l’explosion : femmes et enfants fuyant en hurlant, étals ravagés et commerçants abasourdis. Les blessés ont été transportés dans un hôpital de Sadr City, et le ministère de la Santé a promis de mettre des ressources à disposition pour aider les équipes médicales débordées.

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Le président irakien Barham Saleh dénoncé sur Twitter « Un crime haineux d’une cruauté sans précédent ». « Ils ciblent nos civils à Sadr City à la veille de l’Aïd. Ils n’acceptent pas que les gens se réjouissent, même un instant », a-t-il condamné. « Triste nuit de l’Aïd en Irak », a tweeté pour sa part la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en Irak.

Il s’agit de la première attaque à Bagdad depuis janvier, revendiquée par l’Etat islamique, au cours de laquelle 32 personnes ont été tuées dans un marché du centre de la capitale. Un premier homme avait déclenché sa ceinture d’explosifs et un second avait fait exploser ses explosifs alors qu’une foule se formait pour tenter de venir en aide aux victimes.

L’État islamique, vaincu mais toujours présent

En mai, quatre attaques non revendiquées attribuées à l’Etat islamique ont visé des soldats irakiens dans des villes proches de la capitale, tuant 18 personnes. L’Etat islamique, qui contrôlait de vastes étendues du territoire irakien entre 2014 et 2017, a été vaincu par les troupes irakiennes soutenues par une coalition anti-jihadiste internationale dirigée par les États-Unis. Des cellules de cette organisation sont cependant toujours présentes dans le pays, notamment dans les zones montagneuses et désertiques, et revendiquent des attaques spécifiques.

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Quelque 3 500 soldats étrangers sont toujours stationnés en Irak, dont 2 500 Américains. Sadr City, banlieue populaire de Bagdad, est le fief des partisans du turbulent leader chiite Moqtada Al-Sadr, dont l’influence est souvent déterminante dans la politique irakienne.

Il y a quelques jours, Moqtada Al-Sadr a annoncé son intention de boycotter les élections législatives prévues en octobre dans un pays miné par la mauvaise gestion et la défaillance des pouvoirs publics. Cette attaque intervient également à quelques jours de la prochaine visite aux Etats-Unis du Premier ministre Moustafa Al-Kazimi, qui sera reçu par le président américain Joe Biden le 26 juillet.

Le monde avec l’AFP