August 5, 2021

place aux journalistes en herbe à Couthures-sur-Garonne

Pour certains, la nuit a été longue à Couthures-sur-Garonne, passée sous le ciel étoilé où festivaliers, Couthurins et conférenciers ont poursuivi leurs échanges dans le village animé pour la soirée. Elle s’est terminée par un spectacle du conteur Yannick Jaulin puis un concert de Floriane Tiozzo au centre du village. D’autres ont pu assister au cinéma en plein air, ou profiter de réunions au clair de lune. Samedi matin 10 juillet, le Festival International du Journalisme a ouvert ses portes pour sa deuxième journée. Certains ont été mobilisés dès 9 heures du matin pour une mission de la plus haute importance : jouer les apprentis reporters.

Organisée chaque année, la rédaction jeunesse accueille matin et après-midi des groupes d’enfants de 5 à 17 ans, qui deviennent, pour un, deux ou trois jours, des journalistes (presque) confirmés. A l’école de Couthures, ils se déroulent en plusieurs groupes selon leur âge : le « mini éditeur » pour les 5-6 ans, qui part à la découverte du village et réalise un carnet de voyage, le « petit éditeur ». ‘”Avec des 7-12 ans, qui réalisent des interviews d’intervenants, participent à des ateliers de dessins de presse ou encore partent à une “chasse à l’autographe” à Couthures. En fin de compte, ce groupe produit Le petit monde, vendu aux enchères dans les rues du village. Enfin, la « grande rédaction » propose cette année aux 13-17 ans un atelier, sur Snapchat, pour concevoir des contenus journalistiques avec vidéo.

Certains enfants viennent depuis plusieurs années déjà. Comme Salomé, 9 ans, et son frère Adam, 13 ans, en vacances chez leurs grands-parents à Couthures. D’autres apprennent le métier de journaliste pour la première fois, comme Rafaël, 12 ans. Ses parents sont venus écouter les débats du festival, tandis que le jeune garçon en a profité pour découvrir un atelier ludique. « On rencontre des gens qui ont des carrières particulières », raconte l’enfant, qui a interrogé ce matin Sophie Massieu, journaliste aveugle et auteur. « J’ai beaucoup aimé que les personnes handicapées puissent faire plein de métiers », décrit Rafaël, posant aux côtés de ses camarades apprentis reporters et du journaliste dans la cour d’école. Une des images qui illustrera l’édition du soir du Petit monde.

Sophie Massieu, journaliste et auteur aveugle, avec les enfants du « petit éditeur ».

« J’aime poser des questions à des personnes que vous ne rencontrez pas habituellement »

De nombreux intervenants ont joué le jeu, et ont profité de leur participation au festival pour renverser leurs rôles. L’ancien journaliste et homme politique Noël Mamère, Brigitte Gothière, présidente de l’association L214, et Nicolas Floc’h, artiste contemporain et photographe, sont devenus des sujets d’intérêt pour de jeunes journalistes motivés.

Natacha Polony est également venue à l’école ce samedi matin, pour répondre aux questions des journalistes de cette écriture éphémère. Le journaliste et directeur éditorial de Marianne a participé, le 9 juillet, à un débat intitulé « Télévision populaire ou populisme médiatique ? » Aux côtés d’Audrey Pulvar, assistante à la Mairie de Paris et journaliste.

« Sur quoi travaillez-vous en ce moment ? “ « Préférez-vous la presse écrite, la radio ou la télévision ? “, demande le groupe d’enfants de la petite rédaction qui a choisi de solliciter Natacha Polony parmi la liste des intervenants proposés. Après avoir participé à l’exercice, elle conclut l’entretien par une photo avec les mini-journalistes, devant quelques poules Couthur. « J’aime poser des questions à des gens que l’on ne rencontre pas habituellement, leur métier nous intéresse », commente Gabriel, 13 ans, de Dole, dans le Jura.

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La vente aux enchères populaire

A quelques pas, dans la cour de l’école, un groupe de dessinateurs de 7 à 8 ans s’affaire à préparer le dessin qui sera publié dans l’édition d’aujourd’hui. Ils venaient de Bordeaux, du centre de loisirs Bastide Queyries. « Le principe est d’ouvrir l’accueil des enfants aux parents qui ne sont pas venus », explique Raphaëlle Auboin, l’une des animatrices.

L’après-midi, une nouvelle séance est proposée aux enfants. Et beaucoup d’entre eux affluent dans la cour d’école pour participer à cette édition. Dans une salle de classe, Lila et Marie, 10 ans, et Mélyne, 9 ans, interrogent assidûment la philosophe Catherine Larrère, avant qu’elle n’aille à ses causeries sur des questions de “L’effondrement de notre civilisation”, « La confiance en la science » et « Le rôle du public dans la science » dit-elle aux jeunes journalistes, qui notent rapidement ses propos.

« Nous apprenons et comprenons beaucoup de choses puis nous les partageons dans le journal » révèle Lila, enthousiaste, à la sortie de l’atelier. Marie, elle est heureuse d’avoir “J’ai pris les commandes” du journal à l’atelier du matin. Si les groupes se sont rapidement constitués grâce aux thèmes choisis par l’équipe d’encadrement, l’un d’eux est bouclé en quelques minutes : la vente du journal aux enchères. En fin d’après-midi, les rues de Couthures entendent résonner de petites voix qui scandent “Demande-le Petit monde ! » sous le regard amusé des festivaliers.

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Auction of the “P'tit Monde”.