August 5, 2021

Les élections législatives éthiopiennes renforcent le Premier ministre Abiy Ahmed

Le Premier ministre Abiy Ahmed s’est félicité des résultats des élections législatives en Éthiopie, samedi 10 juillet, qui, selon la commission électorale, ont donné une majorité écrasante au parti qu’il dirige, le Parti de la prospérité (PP). Selon les résultats annoncés samedi soir, le PP a obtenu 421 sièges sur les 436 sièges pour lesquels le vote a eu lieu. Des documents envoyés par la commission précisaient alors qu’un nouveau vote devrait être effectué pour 10 circonscriptions et un recomptage pour 3 d’entre elles.

« Ces élections seront considérées comme historiques »a déclaré M. Abiy dans un communiqué publié sur Twitter samedi soir. Le Premier ministre, 44 ans, a ajouté que son Parti de la prospérité (PP) était “Heureux d’avoir été choisi par la volonté du peuple d’administrer le pays”.

Le 21 juin, Abiy est apparu devant les électeurs pour la première fois depuis sa nomination en 2018, à la suite d’une vague de manifestations antigouvernementales qui ont secoué le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique. La victoire de son parti ouvre la voie à un nouveau mandat pour Abiy Ahmed.

Réformes politiques et économiques à mener

Lauréat du prix Nobel de la paix en 2019, le Premier ministre a souhaité obtenir l’onction populaire qui lui manquait pour mener à bien les réformes politiques et économiques en cours, mais aussi des opérations militaires comme celle qui dure depuis huit mois dans le Tigré, où le les massacres et le spectre grandissant de la famine ont terni son image réformiste.

Avec ces élections, promises comme les plus démocratiques de l’histoire du pays, M. Abiy entendait trancher avec les précédents scrutins, marqués par la répression et les scores soviétiques. En 2010 et 2015, la coalition alors au pouvoir et ses alliés ont remporté tous les sièges. En 2005, un scrutin plus ouvert avait permis à l’opposition de progresser mais la contestation des résultats avait entraîné une répression sanglante contre les manifestants.

Le vote a été reporté à deux reprises, en raison de la pandémie de coronavirus, puis pour donner plus de temps à la commission électorale, confrontée à des défis logistiques. Malgré ce retard, le vote n’a pas eu lieu dans environ un cinquième des 547 circonscriptions du pays, en raison de problèmes logistiques ou de violences ethniques, qui se sont intensifiées sous M. Abiy. La majorité des circonscriptions manquantes doivent voter le 6 septembre.

Mais aucune date n’a été fixée pour le Tigré, où l’exploitation de ” préserver l’ordre “ lancé par M. Abiy en novembre pour écarter les autorités régionales dissidentes a dégénéré en un conflit dévastateur. Face à une contre-offensive rebelle, le gouvernement y a déclaré fin juin un cessez-le-feu.

Des élections boycottées

Dans certaines régions, qui votaient encore, la campagne électorale était presque invisible, étouffée par un environnement hostile. Dans la région d’Oromia, la plus peuplée du pays et où M. Abiy est né, de grands partis d’opposition comme l’Oromo Federalist Congress (OFC) et l’Oromo Liberation Front (OLF) ont boycotté le scrutin, dénonçant l’arrestation. de certains de leurs candidats ou le limogeage de leurs fonctions.

La Commission éthiopienne des droits de l’homme (EHRC), un organe indépendant rattaché au gouvernement, a constaté dans un rapport préliminaire qu’il n’y avait eu aucun « Des violations massives, généralisées et systématiques » droits lors des élections.

Mais dans certaines circonscriptions, il a noté « Arrestations inappropriées », l’intimidation et “Harcèlement” observateurs et journalistes, avant et après le vote. Dans la région d’Oromia, l’EHRC a également observé “Plusieurs meurtres” dans « Les jours précédant le vote ».

Le Mouvement national pour l’Amhara, un parti d’opposition, a déposé plusieurs plaintes auprès de la commission électorale.

Lire aussi L’Éthiopie vote dans l’inquiétude et la violence
Lire aussi Éthiopie : à Oromia, une forte méfiance domine les élections législatives du 21 juin

Le monde avec l’AFP