July 25, 2021

“Flag Day”, le tandem sentimental de Sean Penn avec sa fille

SÉLECTION OFFICIELLE – EN COMPÉTITION

Sean Penn a beaucoup de courage pour revenir à Cannes. Il y a cinq ans, son film sélectionné en compétition, Le dernier visage, l’histoire de deux médecins humanitaires et aimants (Javier Bardem et Charlize Theron) prétendant lutter dans une Afrique en guerre, avait fait l’unanimité contre lui. Cela dit, après un tel échec, la star américaine ne pouvait pas faire mieux. Et en fait, Jour du drapeau ne doit pas faire sensation.

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Le film est adapté des mémoires de la journaliste américaine Jennifer Vogel, Flim-Flam Man : La véritable histoire de la vie de contrefaçon de mon père (Simon & Schuster, 2005, non traduit), retraçant sa relation tumultueuse avec son père braqueur de banque et faussaire. John (Sean Penn) est né le 14 juin, jour de l’adoption de l’étoile et de la bannière étoilée comme drapeau national en 1777. Cet anniversaire est tout un symbole pour cet homme qui rêve grand pour lui et sa famille.

Son charisme et son charme enchantent le quotidien de ses enfants, Jennifer (Dylan Penn) et Nick (Hopper Jack Penn, le frère de Dylan), mais John ne fait qu’accumuler les dettes et finit un jour par quitter la maison, laissant sa femme. Patty (Katheryn Winnick) avec deux bébés à nourrir. Ce père égoïste et menteur parvient à rester sympathique, tandis que la mère, dévastée par la séparation, se met à boire et abandonne les enfants.

Un album de famille

Jour du drapeau démarre plutôt bien, plongeant dans l’Amérique fauchée des années 1970 et 1980 avec son grain d’image argentée et ses moments heureux comme dénichés dans un vieux caméscope. Les enfants grandissent entre une mère brisée et un père qui croit toujours – ou fait croire – que son « business », un mot qu’il répète sans cesse, finira par fonctionner. Papa travaille dans les affaires, mais qu’est-ce que c’est exactement ? Cette question tourmente Jennifer. John est parti mais il a « laissé » quelque chose à sa fille : un mélange de joie de vivre et de déroute, ainsi qu’une envie farouche d’inventer sa vie et de laisser une trace.

Dylan Penn, 30 ans, a un jeu sobre, précis, sans jamais en faire trop. La fille de Sean Penn et Robin Wright, actrice et mannequin, parvient à se mettre dans la peau d’une jeune fille un peu marginale, qui erre, se drogue, se met en danger tout en connaissant ses limites. Sean Penn prend plaisir à filmer la jeune actrice dans ses différentes attitudes, gothique et brune dans ses années difficiles, puis blonde et naturelle, en jeune journaliste prometteuse.

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